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9 mars, 2026 - 06:31:04
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Conférences annuelles du service public : Julien Paluku défend le partenariat public-privé comme levier de modernisation des villes congolaises

La modernisation des villes congolaises ne relève plus seulement de la promesse politique, mais d’un choix de méthode. Aux Conférences annuelles du service public, organisées à Kinshasa, Julien Paluku Kahongya est venu rappeler qu’en matière d’infrastructures, l’innovation institutionnelle peut suppléer la rareté des ressources publiques. Fort de son expérience de douze années à la tête du Nord-Kivu, l’actuel ministre du commerce extérieur a exposé un modèle de financement fondé sur un partenariat structuré entre provinces et secteur privé, qui a permis de transformer durablement la voirie de Goma, Butembo et Beni, malgré un contexte sécuritaire dégradé. À travers une parafiscalité ciblée, une gestion déléguée et un contrôle public assumé, ce schéma a produit des résultats mesurables. 

La question du financement des infrastructures provinciales s’est invitée au cœur des Conférences annuelles du service public, mercredi 17 décembre, à Kinshasa. Invité à partager son expérience, Julien Paluku Kahongya, ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre du commerce extérieur, a présenté un modèle de partenariat public-privé qu’il juge reproductible à l’échelle nationale.

Développant le thème « Modèle de financement des infrastructures provinciales par le partenariat provinces–secteur privé : cas du Nord-Kivu », il est revenu sur les mécanismes qui ont permis la modernisation de la voirie urbaine à Goma, aujourd’hui considérée comme l’une des villes les mieux aménagées du pays, ainsi que l’asphaltage des routes de Butembo et Beni et l’entretien des voies de desserte agricole dans une province pourtant éprouvée par des conflits récurrents.

Un État stratège, un privé gestionnaire

Au cœur de ce dispositif, un choix assumé : confier la gestion opérationnelle des ressources au secteur privé, tout en maintenant un contrôle politique et administratif de l’autorité publique. « Le meilleur modèle, à travers le monde, est celui où l’État s’associe au privé », a expliqué Julien Paluku, soulignant les limites structurelles de la gestion publique classique.

Concrètement, le partenariat s’est appuyé sur la création d’une taxe conventionnelle sur les produits pétroliers, l’affectation des attributaires pour l’entretien des routes, ainsi que l’ouverture d’un compte séquestre géré par la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Ce montage a permis de sécuriser les flux financiers, de lever des financements bancaires et d’exécuter les travaux sous le contrôle du gouvernement provincial.

« La province n’était pas gestionnaire de ces fonds. Elle en assurait le contrôle », a-t-il précisé, insistant sur le caractère impersonnel du modèle, conçu pour survivre aux changements de gouvernance. Résultat : une transformation tangible des axes routiers, notamment sur la RN2, où les délais de transport ont été drastiquement réduits, avec un impact direct sur les échanges économiques.

Au-delà du cas du Nord-Kivu, Julien Paluku a invité d’autres provinces, y compris Kinshasa, à s’inspirer de cette approche. Il a notamment évoqué le potentiel de recettes liées à la vignette automobile, à l’impôt sur les revenus locatifs et à l’impôt foncier, à condition d’en adapter les taux, de recourir à la numérisation et de garantir des retombées visibles sur le terrain.

Son message, martelé devant les participants, est clair : la continuité, la neutralité et l’adaptabilité constituent les trois piliers d’un service public crédible. « Ce modèle a réussi non pas parce que nous avions des moyens, mais parce qu’il y avait un génie créateur collectif », a-t-il conclu, plaidant pour une gouvernance pragmatique capable de transformer l’impôt en infrastructures et la confiance en développement durable.

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