Circuler de nuit à Kinshasa sans payer, sans improviser, sans s’exposer inutilement : l’annonce tranche avec les habitudes d’une capitale où la mobilité nocturne reste souvent synonyme de débrouille. À partir de ce samedi 20 décembre, la ville de Kinshasa lance une expérimentation inédite : des bus gratuits, opérant entre 22 heures et 4 heures du matin, sur l’ensemble des grands axes urbains. Baptisée « Bus de nuit ya ofele », l’initiative portée par le gouverneur Daniel Bumba assume une double ambition : sécuriser les déplacements nocturnes et structurer une économie de la nuit longtemps informelle. Derrière la gratuité temporaire, limitée jusqu’au 20 janvier 2026, se dessine une conception plus politique de la ville, où la mobilité devient un levier d’inclusion sociale et de dynamisation économique. Une phase test, certes, mais aussi un signal : celui d’un pouvoir urbain qui entend investir le temps nocturne comme un espace public à part entière.
La capitale congolaise s’apprête à vivre une première. À compter de ce samedi 20 décembre 2025 et jusqu’au 20 janvier 2026, les Kinois pourront se déplacer gratuitement la nuit grâce à un dispositif inédit de transport public. Baptisé « Bus de nuit ya ofele », le programme a été lancé à l’initiative du gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, avec pour objectif d’améliorer la mobilité nocturne et de renforcer la sécurité des usagers.
Selon le ministre provincial des Transports et de la Mobilité urbaine, plusieurs bus spécialement identifiés par la mention « Bus de nuit ya ofele » desserviront l’ensemble des itinéraires majeurs de la capitale. Les rotations seront assurées quotidiennement entre 22 heures et 4 heures du matin, couvrant une plage horaire jusque-là largement délaissée par les transports collectifs formels.
Au-delà de la gratuité, l’initiative traduit une vision plus large de la gestion urbaine. L’exécutif provincial entend répondre à une réalité sociale bien connue : Kinshasa ne s’endort jamais totalement. Travailleurs de nuit, personnels de santé, agents de sécurité, commerçants, acteurs culturels ou simples usagers contraints de circuler tardivement composent une économie nocturne dynamique mais peu encadrée.
« Il s’agit d’équilibrer la mobilité des Kinois pendant les heures nocturnes, dans la sérénité », a expliqué le ministre provincial des Transports, soulignant que la mesure vise aussi à promouvoir l’économie de la nuit. En facilitant les déplacements, les autorités espèrent stimuler l’activité commerciale, réduire les coûts de transport informels et limiter les risques sécuritaires liés aux déplacements isolés.
Le caractère expérimental du projet est pleinement assumé. Cette phase pilote permettra d’évaluer la fréquentation, les itinéraires les plus sollicités et l’impact économique et social du dispositif. À terme, les autorités provinciales n’excluent pas une pérennisation du service, sous une forme adaptée, si les résultats s’avèrent concluants.
Dans une ville souvent confrontée à des défis structurels de mobilité, Bus de nuit ya ofele marque ainsi une inflexion notable : celle d’un pouvoir urbain qui choisit d’investir le temps nocturne comme un champ d’action publique, et de faire du transport un outil concret de cohésion sociale et de modernisation urbaine.
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