Le signal est net et assumé. À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, dont le coup d’envoi sera donné le dimanche 21 décembre à Rabat avec l’affiche Maroc–Comores, le régulateur des médias en République démocratique du Congo choisit la fermeté face aux risques de piratage audiovisuel. Invité du journal télévisé de la RTNC, le vice-président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Bruno Mbolison, a rappelé une règle non négociable : le respect des droits de diffusion et de la propriété intellectuelle relève de l’obligation légale, non de la convenance éditoriale. À travers cet avertissement public, le CSAC entend prévenir toute dérive, protéger les ayants droit et rappeler que la liberté de la presse ne saurait servir de paravent à la délinquance médiatique. Alors que le football africain capte des audiences massives et attise les convoitises, le CSAC affiche une ligne claire : la fête du sport ne se fera pas au mépris de la loi.
Par ailleurs, dans un contexte national marqué par de lourds défis sécuritaires et institutionnels, la régulation des médias devient ainsi un enjeu de stabilité autant que de crédibilité démocratique. Dans ce cadre, le numéro deux du CSAC a appelé journalistes, acteurs politiques et membres de la société civile à un sens élevé de responsabilité, insistant sur la nécessité de proposer au public des contenus « non toxiques » et compatibles avec l’intérêt général.
Invité vendredi 19 décembre au journal télévisé de la télévision nationale, Bruno Mbolison, vice-président du CSAC, a défendu la multiplication récente des interpellations de journalistes et d’acteurs politiques par l’organe de régulation. « Le CSAC est une institution publique d’appui à la démocratie. Son rôle est d’éviter la prolifération de la délinquance médiatique », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de proposer au public des contenus « consommés dans de bonnes conditions » et « non toxiques ».
Dans un contexte de fortes turbulences sécuritaires, le numéro 2 du CSAC a appelé les journalistes, mais aussi les acteurs politiques et de la société civile, à un sens élevé de responsabilité. Selon lui, la vigilance renforcée du CSAC vise avant tout à prévenir les dérapages susceptibles de fragiliser la sécurité nationale et la stabilité institutionnelle.
Interrogé sur les craintes d’atteinte à la liberté d’expression, Bruno Mbolison a récusé toute dérive liberticide. « Mieux vaut une sensibilisation en amont qu’une sanction en aval », a-t-il expliqué, présentant l’action du CSAC comme un travail d’avertissement et de prévention, plutôt que de répression systématique.
Piratage de la CAN : la ligne rouge tracée par le régulateur
C’est toutefois sur la question brûlante de la diffusion de la CAN 2025 que le ton s’est fait le plus ferme. Rappelant l’attachement du CSAC à la protection des droits intellectuels et des droits voisins, le vice-président a mis en garde les chaînes de télévision tentées de relayer frauduleusement les matchs. « Le CSAC ne peut cautionner le piratage de contenus audiovisuels qui coûtent des centaines de millions de dollars à produire », a-t-il martelé.
En RDC, la diffusion des matchs de la CAN relève d’un cadre strict : seule la RTNC dispose de l’exclusivité nationale, aux côtés des opérateurs contractuellement liés aux ayants droit internationaux, notamment New World TV et Canal+. Aucune sous-traitance du signal n’est autorisée sans contrats dûment établis et présentés au régulateur.
Pour faire respecter cette règle, le CSAC a annoncé la mise en alerte maximale de son centre de monitoring. Les chaînes prises en flagrant délit de piratage s’exposeront à des sanctions immédiates. À quelques heures de la compétition organisée au Maroc, le message est sans équivoque : la passion du football ne justifie ni l’illégalité ni l’impunité.
Infos27

