Les routes congolaises continuent de tuer. Face à une sinistralité persistante, le gouvernement affiche désormais une ambition claire : réduire de moitié les décès liés aux accidents de circulation d’ici à 2030. L’annonce a été faite lors du Conseil des ministres, où un plan national de sécurité routière a été présenté comme une réponse structurée à un phénomène devenu préoccupant.
Porté par le vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, et relayé par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ce programme s’inscrit dans une directive du chef de l’État, Félix Tshisekedi. Il vise à agir sur les causes structurelles des accidents, dans un pays où les pertes humaines sur les routes restent élevées.
Le diagnostic est posé sans détour. Plusieurs failles majeures ont été identifiées : l’état souvent dégradé des véhicules, les insuffisances du cadre légal et réglementaire, les comportements à risque des usagers, mais aussi la qualité inégale des infrastructures routières. Autant de facteurs qui, combinés, entretiennent une insécurité routière chronique.
Le Plan national de sécurité routière (PNSR) entend s’attaquer à ces leviers. Il prévoit notamment une révision du code de la route, un renforcement des campagnes de sensibilisation et une action ciblée sur les comportements dangereux. L’objectif est de modifier durablement les pratiques, dans un contexte où la prévention reste insuffisante.
Au-delà des conducteurs, le gouvernement mise également sur une amélioration des infrastructures. La sécurisation des axes routiers est présentée comme un pilier central de la stratégie. Routes dégradées, signalisation déficiente, absence d’aménagements adaptés : autant de défaillances qui aggravent les risques d’accidents.
« Ce plan national constitue un outil stratégique », a souligné Jean-Pierre Bemba, insistant sur la nécessité d’une mobilisation collective. L’ambition est assumée : réduire significativement le nombre de victimes, qu’il s’agisse de décès ou de blessés.
Reste la question de la mise en œuvre. Car au-delà des annonces, l’efficacité du plan dépendra de sa traduction concrète sur le terrain. Contrôles renforcés, application stricte des règles, investissements dans les infrastructures : autant de conditions pour espérer infléchir durablement la courbe des accidents.
Dans un pays en pleine expansion urbaine et démographique, la sécurité routière s’impose comme un enjeu de santé publique. En fixant un objectif chiffré à l’horizon 2030, les autorités congolaises envoient un signal : celui d’une volonté de rompre avec la fatalité des drames routiers.
Jegou-Michel Mpiutu

