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17 avril, 2026 - 00:52:30
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Le Général-major Sylvain Ekenge suspendu : les FARDC confirment la ligne anti-discrimination de l’État

La hiérarchie militaire congolaise a tranché pour lever toute ambiguïté. Lundi 29 décembre, les FARDC ont suspendu leur porte-parole, le général-major Sylvain Ekenge, après des propos tenus lors d’une communication diffusée sur la RTNC. En évoquant un supposé stratagème démographique attribué à des femmes de la communauté tutsie, l’officier a exprimé des appréciations personnelles qui n’engagent ni l’institution militaire ni la République. La décision vise précisément à dissocier une parole individuelle d’une ligne d’État claire et constante. Face aux discours identitaires et aux tentatives de manipulation régionale, le président Félix Tshisekedi a toujours privilégié la clarté, sans détour ni équivoque : la citoyenneté congolaise ne se négocie pas et ne se hiérarchise pas. Le 22 février 2024, il rappelait publiquement que les Banyamulenge et, plus largement, les Tutsi congolais sont des citoyens à part entière de la République démocratique du Congo. Au-delà d’un message interne, cette position vise aussi à couper court aux justifications avancées par Kigali, fondées sur la prétendue protection de communautés menacées. En martelant la non-discrimination et l’égalité devant la nation, le chef de l’État place le débat sur un terrain politique et juridique limpide : souveraineté, unité nationale et refus de toute instrumentalisation ethnique. Un rappel ferme, à l’heure où les mots, autant que les armes, peuvent nourrir les conflits.

La réaction a été rapide. Lundi, le chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a décidé de suspendre le Général-major Sylvain Ekenge, porte-parole de l’armée, après des propos jugés contraires aux principes républicains et à l’éthique militaire, selon une source militaire.

En cause : des déclarations tenues samedi, attribuées à l’officier, évoquant un supposé stratagème démographique imputé à des femmes de la communauté tutsie, présenté comme un moyen de perpétuer une prétendue « suprématie » communautaire. Des propos qui ont suscité une vive controverse et franchi, aux yeux de la hiérarchie, une ligne clairement tracée.

Au sein de l’institution militaire, la décision est lue comme un rappel d’autorité. « L’armée est tenue à la neutralité, à la cohésion nationale et au respect strict de tous les citoyens », confie une source proche du commandement, soulignant que toute expression publique à caractère discriminatoire est incompatible avec les responsabilités d’un porte-parole.

Cette suspension s’inscrit aussi dans une ligne politique constante. Le président Félix Tshisekedi a, à plusieurs reprises, condamné sans ambiguïté toute forme de stigmatisation identitaire, rappelant que les Tutsi congolais, comme l’ensemble des communautés du pays, sont des citoyens à part entière, protégés par la Constitution. Dans un contexte sécuritaire déjà marqué par les tensions dans l’est du pays, l’exécutif insiste sur la nécessité de ne laisser aucune place aux discours susceptibles d’alimenter la fracture nationale.

Une discipline de parole en temps de crise

Au-delà du cas individuel, l’affaire pose la question de la responsabilité de la parole publique au sein des forces armées. Porte-voix de l’institution, le porte-parole incarne une ligne officielle, calibrée et rigoureuse. Toute déviation est susceptible de fragiliser l’effort de cohésion interne et la crédibilité de l’État.

En suspendant le général Ekenge, la hiérarchie militaire envoie un message clair : la lutte contre l’ennemi ne saurait se confondre avec des amalgames identitaires. Et la discipline, en période de crise, commence aussi par les mots.

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