La décision est tombée sans détour et place Kinshasa sous pression diplomatique. Le Royaume-Uni a annoncé, samedi 27 décembre, des restrictions immédiates sur les visas accordés aux ressortissants de la République démocratique du Congo. En cause : une coopération jugée insuffisante dans le retour de migrants congolais en situation irrégulière sur le sol britannique. La mesure, assumée par Londres, s’inscrit dans un durcissement plus large de la politique migratoire du gouvernement britannique. Au-delà de la suppression des procédures accélérées et des facilités jusque-là accordées aux responsables politiques, le signal est politique. Le Royaume-Uni prévient qu’une suspension totale des visas reste une option si la situation n’évolue pas rapidement. Face à cette mise en demeure, le gouvernement congolais affirme avoir engagé des discussions avec Londres.
Londres a choisi la fermeté. Samedi 27 décembre, la ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé de nouvelles restrictions de visas visant les ressortissants de République démocratique du Congo. Désormais, tout traitement accéléré des demandes est supprimé, tout comme les procédures préférentielles jusque-là accordées aux responsables politiques et aux personnalités de haut rang.
La coopération migratoire en ligne de mire
La décision s’inscrit dans un avertissement formulé dès le mois précédent. Londres avait alors sommé la RDC, ainsi que l’Angola et la Namibie, d’améliorer leur coopération dans le retour de leurs ressortissants en situation irrégulière, sous peine de sanctions. Selon le Home Office, l’Angola et la Namibie ont accepté le principe de ces retours. La RDC, en revanche, « n’a pas amélioré ses procédures », justifiant ainsi les mesures annoncées.
Dans un communiqué au ton direct, les autorités britanniques préviennent : « Il est temps que la RDC fasse ce qu’il faut. Récupérez vos citoyens ou perdez le privilège d’entrer dans notre pays ». Une formule qui illustre le changement de registre diplomatique.
Le Royaume-Uni rappelle avoir récemment renforcé sa législation migratoire. Selon Londres, plusieurs milliers de migrants en situation irrégulière présents sur son territoire proviendraient notamment de la RDC, de l’Angola et de la Namibie. Dans ce contexte, les visas deviennent un instrument de pression politique à part entière.
À Kinshasa, la réaction se veut prudente. Le gouvernement congolais a indiqué, dimanche 28 décembre, être en discussions avec le Royaume-Uni afin d’examiner les voies de sortie de crise. Reste que Londres ne ferme aucune option : en l’absence de progrès rapides, une suspension totale des visas pour les Congolais est désormais explicitement évoquée.
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