Moi, Congolais de la République démocratique du Congo, quel document souvenir de l’indépendance du 30 juin 1960 dois-je laisser à mes arrière-petits-fils ?
La République démocratique du Congo (RDC) a totalisé, le 30 juin 2024, 64 ans depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale. Au regard de ce qui se passe dans la gestion des archives du pays, une impression se dégage : celle de l’abandon total des archives et de la documentation. Cette négligence a occasionné une perte importante des documents d’archives, notamment l’Acte de l’indépendance de la République démocratique du Congo et une grande partie des archives des 16 rencontres politiques que le pays a connues depuis 1959. Et 64 ans après, la RDC évolue sans ses repères !
Sans Acte de l’indépendance
La mauvaise gestion des archives en RDC a commencé dès le 30 juin 1960, jour de la signature de l’Acte d’indépendance entre la Belgique et la République démocratique du Congo. À ce sujet, le professeur Bob Bobutaka précise, dans son livre intitulé Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville : Développement, langue, musique, sport, politique et bibliologie (Paris, Edilivre, 2017), que « seuls les premiers ministres et leurs ministres en charge des Affaires étrangères étaient compétents pour contresigner la Déclaration d’indépendance : quatre personnalités, dont deux Belges et deux Congolais. Il s’agit des chefs de gouvernement Gaston Eyskens et Patrice-Emery Lumumba ainsi que des chefs de la diplomatie Pierre Wigny et Justin-Marie Bomboko. »
Le professeur Bob Bobutaka explique également que, pour pouvoir structurer les informations sur l’Acte d’indépendance du Congo, il a approché Justin Bomboko pour en savoir plus. Celui-ci a été surpris de constater qu’un Congolais s’intéressait aux archives. « C’est ce qui a toujours fait défaut à notre pays », avait-il dit. À la question sur sa connaissance de l’Acte d’indépendance de la République démocratique du Congo, il avait répondu : « Après l’incident provoqué par le Premier ministre Lumumba, sous l’effet de la colère, le Premier ministre belge a signé, en occupant la place réservée au Premier ministre congolais, dans l’Acte d’indépendance. Avec le désordre ainsi créé, il n’a jamais su où se trouvait la copie destinée à la partie congolaise. »
L’expert congolais en bibliologie politique et archivistique, le professeur Bob Bobutaka, ajoute : « En tout état de cause, nous pensons que l’acte du Premier ministre Lumumba n’était pas approprié ; car selon le protocole, seuls les chefs d’État devaient prononcer les discours et les chefs de gouvernement et les ministres des Affaires étrangères devaient apposer leurs signatures pour valider la Déclaration d’indépendance. Plus de 50 ans après l’indépendance, l’élite congolaise doit être consciente des erreurs commises aussi par les Congolais dans le processus un peu désordonné de l’acquisition de l’indépendance. Pour beaucoup d’historiens, surtout congolais, ce

