L’onde de choc est diplomatique avant d’être militaire. Trois jours après l’opération américaine ayant conduit à la capture du président vénézuélien, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en urgence. Le ton y a été grave, parfois accusatoire, souvent inquiet. Au centre des débats, une question qui dépasse le seul Venezuela : la survie même des règles qui fondent l’ordre international depuis 1945. Transmise par sa secrétaire générale adjointe, Rosemary DiCarlo, la parole du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a donné le cap : le respect intégral du droit international et de la Charte des Nations unies n’est pas une option, mais une obligation collective. Sans cela, a-t-il averti, la stabilité mondiale devient illusoire. Face à l’action militaire du 3 janvier menée par les États-Unis contre le Venezuela et à l’enlèvement du chef de l’État Nicolás Maduro, une majorité de délégations a dénoncé un précédent dangereux, susceptible d’ouvrir une ère où la force primerait sur le droit. D’autres, plus minoritaires, ont au contraire salué une opération présentée comme un coup décisif contre le narcotrafic et un régime jugé illégitime. Derrière l’affrontement des récits, le débat a révélé une fracture profonde au sein du système multilatéral. Entre défense stricte de la souveraineté, invocation des droits humains et tentation du recours unilatéral à la force, le Conseil de sécurité s’est retrouvé face à sa responsabilité première : empêcher que le monde ne glisse vers une normalisation de l’exception militaire. À New York, l’affaire vénézuélienne s’est imposée comme un test majeur pour l’autorité du droit international.
L’alerte a été formulée sans détour. « Les règles du droit international n’ont pas été respectées », a fait savoir le Secrétaire général de l’ONU à propos de l’action militaire américaine du 3 janvier au Venezuela. Transmise devant le Conseil de sécurité, cette mise en garde marque l’une des prises de position les plus fermes de l’Organisation depuis plusieurs années sur l’usage unilatéral de la force.
Par la voix de Rosemary DiCarlo, l’ONU a rappelé un principe fondateur : la Charte des Nations unies interdit explicitement la menace ou l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État. Un rappel qui, dans le contexte vénézuélien, sonne comme un avertissement adressé à l’ensemble de la communauté internationale.
La Charte des Nations unies comme ligne de fracture
Le message du Secrétaire général s’est voulu constant et méthodique. Même dans des situations « confuses et complexes », a-t-il insisté, l’attachement aux principes demeure la seule boussole légitime. La paix internationale, a-t-il rappelé, repose moins sur l’équilibre des puissances que sur l’engagement collectif à respecter les règles communes.
Cette lecture a trouvé un large écho parmi de nombreuses délégations. La Chine et la Russie, qui avaient soutenu la convocation de la session d’urgence demandée par Caracas, ont dénoncé un contournement du Conseil de sécurité et un retour aux pratiques du fait accompli. Pékin a mis en garde contre la tentation de se poser en « gen

