Ils ont plié sans rompre, résisté sans renoncer. Battus à la toute dernière seconde des prolongations par l’Algérie, les Léopards de la RDC quittent la CAN 2025 sur un détail, mais avec l’estime d’un pays entier. Le missile d’Adil Boulbina, à la 119ᵉ minute, a scellé l’issue d’un huitième de finale fermé et âpre. Il n’a pas effacé l’essentiel : une équipe solidaire, disciplinée, capable de tenir tête à l’un des favoris du tournoi. Au coup de sifflet final, les soutiens se sont immédiatement exprimés. La Première ministre Judith Suminwa a salué un combat « livré avec cœur, courage et fierté », rappelant que « le score ne raconte pas toute l’histoire ». Même tonalité au sein du gouvernement et de la classe politique : fierté, unité, projection. Dans la défaite, la RDC a trouvé un point d’appui. Sportif et politique à la fois : la conviction que ce groupe a posé des bases, et que le meilleur reste à venir.
Le stade retenait son souffle. Il l’a relâché trop tard pour la RDC. Dans un huitième de finale longtemps indécis de la Coupe d’Afrique des nations 2025, l’Algérie a arraché sa qualification face à la République démocratique du Congo sur un éclair d’Adil Boulbina (1-0, 119ᵉ). Un missile dans la lucarne, au terme d’un match fermé, intense, longtemps promis aux tirs au but.
D’entrée, l’Algérie a imposé sa maîtrise, portée par la circulation de balle d’Ismaël Bennacer et l’expérience de Riyad Mahrez. La RDC a plié, sans céder. Derrière, le duo Chancel Mbemba–Axel Tuanzebe a tenu la ligne, repoussant centres et projections. Peu à peu, les Léopards ont relevé la tête, trouvant des situations sur phases arrêtées et par Cédric Bakambu.
La rencontre est restée cadenassée après la pause. La sortie sur blessure de Bennacer a cassé le rythme. Sébastien Desabre a alors tenté le tout pour le tout, lançant Gaël Kakuta et Charles Mbuku pour étirer le bloc algérien. Les espaces se sont ouverts, les contres aussi. Les 90 minutes n’y ont rien changé. Les prolongations ont semblé conduire au même destin. Jusqu’à l’éclair.
Une défaite, beaucoup d’adhésion
À l’issue du match, la réaction a été unanime. La Première ministre Judith Suminwa a résumé l’état d’esprit dans une publication sur son compte X : « Le score ne raconte pas toute l’histoire. Vous vous êtes battus avec cœur, courage et fierté. Le peuple congolais est avec vous. Cette défaite nous renforce. Le meilleur est à venir. »
Même reconnaissance du côté de Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’Etat en charge des Affaires étrangères, saluant « l’énergie et l’intensité » d’une équipe « rendez-vous au Mondial ». Patrick Muyaya a loué « un bel exemple de patriotisme », tandis que l’opposant Moïse Katumbi évoquait « courage, dignité et amour du maillot ».
La RDC quitte la CAN 2025 sur une frappe adverse, pas sur un renoncement. Dans le jeu comme dans le discours, un cap a été tenu. Et, au-delà du résultat, un socle s’est affirmé.
Pitshou Mulumba

