Deux rencontres en moins d’une semaine, un même lieu, un même enjeu. En retournant à Luanda jeudi 8 janvier, le président congolais Félix Tshisekedi confirme que le dossier sécuritaire de l’Est de la RDC est désormais traité au plus haut niveau diplomatique, dans un format resserré et assumé. Face à l’aggravation de la situation au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, marquée notamment par l’occupation d’Uvira par les forces rwandaises et leurs alliés de l’AFC/M23, Kinshasa et Luanda entendent peser sur les processus en cours. Derrière la répétition des rencontres, un message politique se dessine : la paix dans l’Est congolais ne peut plus relever de déclarations de principe, mais d’une coordination régionale soutenue, arrimée aux cadres internationaux de Washington et de Doha.
Le ballet diplomatique se poursuit. Jeudi 8 janvier 2026, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a de nouveau rencontré son homologue angolais, João Lourenço, au palais présidentiel de la Cidade Alta, à Luanda. Une semaine à peine après un premier entretien, les deux chefs d’État se retrouvent pour examiner l’évolution préoccupante de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Cette visite de travail s’inscrit dans la continuité directe des échanges engagés le 4 janvier dernier. Au cœur des discussions : la détérioration rapide de la sécurité dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, sur fond d’occupation de la ville d’Uvira par les troupes rwandaises et leurs supplétifs de la coalition AFC/M23. Un tournant militaire et politique qui impose, selon Kinshasa, une mobilisation diplomatique renforcée.
Un alignement régional autour des processus de paix
Selon la Présidence congolaise, les échanges ont porté sur « l’examen des initiatives en cours visant le rétablissement durable de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo », dans le cadre des processus de Washington et de Doha. Les deux chefs d’État ont réaffirmé leur appui à ces mécanismes, désormais présentés comme les principaux leviers diplomatiques pour désamorcer la crise.
La répétition des rencontres à Luanda n’a rien d’anodin. Elle traduit le rôle central que joue l’Angola, dont le président est également président en exercice de l’Union africaine, dans la recherche d’une solution régionale. Pour Félix Tshisekedi, cette proximité diplomatique vise à consolider un front politique face à ce que Kinshasa considère comme une agression extérieure persistante.
Au-delà des communiqués, cette séquence diplomatique signale une inflexion : la question sécuritaire de l’Est congolais est désormais traitée comme un dossier prioritaire de stabilité régionale. Reste à savoir si cette intensification des échanges se traduira, sur le terrain, par une désescalade durable et des avancées concrètes pour les populations affectées.
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