Au lendemain de l’assassinat du professeur Mathieu Abatha Diabar, enseignant à l’Université de Kinshasa, le gouvernement a choisi la présence et la parole publique. En se rendant au domicile de la victime, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a voulu affirmer que ce crime ne sera ni banalisé ni relégué au rang des faits divers ordinaires. Dans un contexte marqué par une forte attente sociale sur les questions de sécurité et d’État de droit, l’exécutif affiche une ligne de fermeté : enquête approfondie, identification des auteurs et poursuites judiciaires sans complaisance. Au-delà de l’émotion, l’affaire pose une exigence de fond : celle de la protection des intellectuels, de la communauté académique et, plus largement, des citoyens. Pour le gouvernement, la réponse ne saurait être seulement compassionnelle. Elle se veut méthodique, légale et exemplaire.
Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, s’est rendu au domicile du professeur Mathieu Abatha Diabar, enseignant à l’Université de Kinshasa, assassiné à son domicile à Kinshasa.
Sur place, le membre du gouvernement a tenu à rassurer. Les enquêtes sont en cours, a-t-il affirmé, insistant sur le fait que « toute la lumière sera faite ». Une déclaration sobre, mais lourde de sens, dans un contexte où les attentes de la communauté universitaire et de l’opinion publique sont fortes.
Le vice-premier ministre a été clair sur la ligne de l’exécutif. Le gouvernement, a-t-il précisé, est « déterminé à identifier les auteurs, à les interpeller et à les traduire en justice, dans le strict respect de la loi ». Une formulation qui souligne à la fois la fermeté et l’attachement aux procédures légales, alors que les crimes visant des figures intellectuelles ravivent régulièrement le débat sur la sécurité des personnes et des biens.
Sécurité et autorité de l’État en question
La présence, aux côtés du ministre, du commissaire général et de l’inspecteur général de la Police nationale congolaise n’était pas anodine. Elle visait à marquer l’implication directe des services de sécurité dans le suivi du dossier et à rappeler que l’affaire est traitée au plus haut niveau.
Sans entrer dans le détail des pistes explorées, les autorités ont voulu montrer que ce meurtre ne sera pas traité comme un fait isolé. En toile de fond, une préoccupation plus large : préserver l’autorité de l’État et garantir que nul crime, a fortiori contre un enseignant universitaire, ne reste impuni.
Par ce déplacement, l’exécutif cherche aussi à adresser un message à la communauté académique. Celui d’une reconnaissance du rôle des enseignants et chercheurs, et d’un engagement à assurer leur protection. L’assassinat du professeur Abatha Diabar dépasse en effet le drame individuel : il interpelle sur la sécurité des espaces de savoir et sur la capacité de l’État à garantir un climat serein pour l’enseignement et la recherche.
Les enquêtes se poursuivent désormais. Le gouvernement, lui, a posé un jalon politique clair : vérité, justice et responsabilité. Sans précipitation. Mais sans recul.
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