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17 avril, 2026 - 03:04:44
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Crise dans l’Est de la RDC : à Livingstone, la CIRGL mise au défi de passer des résolutions aux actes

La formule est revenue comme un avertissement. La paix ne peut plus attendre. Réunis samedi 10 janvier à Livingstone, en Zambie, les ministres de la Défense des États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont reconnu l’urgence d’une réponse collective face à la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Reste désormais à transformer les engagements formels en actions tangibles.

Présidée par le vice-Premier ministre congolais en charge de la Défense et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, la réunion extraordinaire s’est tenue dans un contexte de tensions persistantes, marqué par la poursuite des violences armées et l’aggravation de la crise humanitaire dans les provinces orientales de la RDC. À la tête du Comité des ministres de la Défense de la CIRGL, Kinshasa a voulu donner à cette rencontre une portée opérationnelle, au-delà des déclarations de principe.

Les travaux ont porté sur l’examen et l’adoption du rapport issu de la réunion des chefs d’état-major général. Un document stratégique qui rappelle, sans détour, plusieurs fondamentaux : le respect de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, la réaffirmation des processus de Doha et de Washington, et surtout l’opérationnalisation effective du mécanisme régional de surveillance et de vérification du cessez-le-feu.

Dans cette logique, les participants ont également procédé à la présentation officielle du nouveau commandant et de son adjoint du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE), basé à Goma. Un signal institutionnel destiné à renforcer un dispositif régional souvent critiqué pour son manque d’impact sur le terrain.

Mais c’est dans son intervention politique que le ministre congolais de la Défense a fixé le ton. La crise dans l’Est de la RDC, a-t-il rappelé, « n’est pas seulement congolaise ». Elle constitue une menace directe pour la stabilité de l’ensemble de la région des Grands Lacs. Et face à cette réalité, les mécanismes existants ne peuvent plus se contenter d’exister sur le papier. « La CIRGL est à un tournant », a-t-il insisté, soulignant que les populations comme la communauté internationale attendent désormais des résultats mesurables.

Le message est clair : la paix ne saurait être conditionnée à des calculs politiques ou à des intérêts divergents. Pour être crédibles, les instruments régionaux doivent devenir pleinement opérationnels, dissuasifs et capables de protéger les civils, tout en rompant avec une impunité devenue structurelle.

En clôturant les travaux, Guy Kabombo a lancé un appel sans ambiguïté. Les conclusions de Livingstone ne doivent pas rester lettre morte. Les États membres sont sommés de traduire « sans délai » les décisions prises en actions concrètes, au bénéfice direct des populations affectées, en particulier dans l’Est congolais. Kinshasa, a-t-il assuré, demeure engagée en faveur d’une solution politique durable. Mais celle-ci, a-t-il averti, ne pourra reposer que sur une solidarité régionale sincère, des mécanismes crédibles et une volonté collective d’agir.

Infos27

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