Regarder ailleurs pour mieux bâtir chez soi. Le ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a entamé lundi à Addis-Abeba une mission d’État consacrée à l’imprégnation du modèle infrastructurel éthiopien. Objectif affiché : tirer des enseignements concrets, notamment en matière de financement souverain des grands projets. Dès les premières heures de la visite, les échanges ont porté sur le secteur énergétique, avec en ligne de mire un symbole continental, le barrage de la Renaissance, intégralement financé par l’Éthiopie et capable de produire plus de 5 000 mégawatts. Pour Kinshasa, pays aux potentialités hydroélectriques parmi les plus importantes au monde, la démarche dépasse la simple coopération technique. Elle traduit une volonté politique claire : repenser les leviers de financement, renforcer l’expertise nationale et inscrire les infrastructures au cœur de la stratégie de développement.
La mission a commencé sans détour. À peine arrivé dans la capitale éthiopienne, John Banza a engagé une première séance de travail avec Habtamu Itefa Geleta, ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie. Au centre des discussions, un projet devenu référence sur le continent : le Barrage de la Renaissance.
Selon le communiqué du ministère congolais des ITP, la partie éthiopienne a exposé les mécanismes ayant permis de financer à 100 % ce chantier colossal, sans recours à des apports extérieurs. Une performance saluée par la délégation congolaise, tant pour sa portée économique que pour sa dimension politique. Produire 5 150 MW grâce à des ressources internes, dans un contexte africain souvent dépendant de financements étrangers, relève d’un choix stratégique assumé.
« Nous sommes ici pour nous inspirer du modèle éthiopien », a expliqué John Banza, annonçant l’envoi prochain d’une invitation officielle à des experts éthiopiens afin de tenir, à Kinshasa, des séances de travail avec leurs homologues congolais. L’idée est claire : passer de l’observation à l’appropriation, puis à l’adaptation.
Pour la RDC, dotée d’un potentiel hydroélectrique exceptionnel mais encore largement sous-exploité, cette mission s’inscrit dans une réflexion plus large sur la souveraineté économique et la maîtrise des grands projets structurants. En choisissant Addis-Abeba comme source d’inspiration, Kinshasa envoie un message politique ferme : le développement des infrastructures n’est plus seulement une question de financements disponibles, mais de modèles assumés, de volonté nationale et de coopération africaine ciblée.
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