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9 mars, 2026 - 06:33:53
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Ituri : Luboya promet l’arrestation de Thomas Lubanga 

À Bunia, le gouverneur militaire de l’Ituri a rompu toute ambiguïté. En s’adressant publiquement à Thomas Lubanga, ancien chef rebelle condamné par la justice internationale, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama a tenu un discours d’une rare fermeté, promettant son arrestation. Un message clair : l’État congolais entend reprendre l’initiative sécuritaire dans une province meurtrie par des décennies de violences armées. À l’heure où des sources évoquent la présence de Lubanga en Ouganda, cette sortie marque une ligne rouge politique. Elle pose aussi une question centrale : celle de la coopération régionale face aux figures de l’insécurité persistante. En Ituri, la parole de l’autorité militaire se veut désormais sans détour.

La scène s’est déroulée à l’esplanade du gouvernorat de l’Ituri, à Bunia. Devant une assistance réunie pour une activité officielle, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama a tenu des propos d’une virulence inhabituelle à l’encontre de Thomas Lubanga, ancien chef rebelle. « Que je sois vivant ou mort, j’ai déjà tout fait pour qu’on t’arrête », a lancé l’autorité provinciale, s’adressant nommément à Lubanga. Le ton est direct, presque judiciaire. Il vise à marquer une rupture avec les silences et les prudences du passé.

Dans son intervention, le gouverneur militaire a rappelé les crimes attribués à l’ancien chef rebelle, notamment l’enrôlement d’enfants dans les groupes armés depuis la fin des années 1990. Des faits pour lesquels Thomas Lubanga a été condamné par la Cour pénale internationale.

Cette référence à la justice internationale n’est pas anodine. Elle inscrit la déclaration dans une continuité juridique et politique : Lubanga n’est pas seulement un acteur du passé, mais une figure toujours associée à l’insécurité persistante en Ituri.

Selon plusieurs sources sécuritaires, Thomas Lubanga serait actuellement signalé à Kampala, en Ouganda. Il est à l’origine d’une nouvelle milice, la Convention pour la révolution populaire (CRP), accusée de nourrir des projets de déstabilisation en Ituri et au-delà.

À ce stade, aucune confirmation officielle n’est venue des autorités ougandaises. Kampala ne s’est pas prononcée sur la présence présumée de l’ancien chef rebelle sur son territoire, ni sur une éventuelle coopération avec la République démocratique du Congo en vue de son arrestation.

Au-delà de Thomas Lubanga, la déclaration de Johnny Luboya vise un public plus large. Elle s’adresse aux groupes armés encore actifs, aux soutiens politiques ou logistiques de ces mouvements, mais aussi aux partenaires régionaux. Le message est clair : l’Ituri n’est plus un espace de tolérance pour les entrepreneurs de violence.

M.B

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