À Byambwe, la peur s’est installée durablement. Dans ce village du groupement Manzia, en chefferie des Baswagha, territoire de Lubero, la vie quotidienne est désormais rythmée par l’angoisse d’une nouvelle attaque. En cause : une récente incursion armée attribuée aux rebelles ADF, survenue dans le village voisin de Kasalala, à moins de deux kilomètres.
Selon les informations recueillies vendredi 16 janvier auprès de la société civile locale, l’attaque aurait coûté la vie à quatre civils. Plusieurs personnes restent portées disparues. Depuis, malgré une accalmie apparente, la tension ne retombe pas. Les habitants parlent d’une menace diffuse, difficile à cerner, mais omniprésente.
Dans les zones périphériques, des mouvements jugés suspects sont régulièrement signalés. Certains témoins affirment que des hommes armés circuleraient encore dans les villages environnants, sans être inquiétés. Une situation qui alimente le sentiment d’abandon exprimé par la population. « Nous avions alerté, mais rien n’a été fait », confie un habitant, amer.
La nuit, le village se vide partiellement. Par crainte des attaques nocturnes, de nombreuses familles quittent leurs maisons à la tombée du jour pour chercher refuge dans des zones supposées plus sûres. Elles y passent la nuit à la belle étoile, exposées au froid, à la faim et à une insécurité persistante. Une stratégie de survie devenue routine.
Les conséquences économiques sont tout aussi lourdes. Depuis le 13 janvier 2026, les activités agricoles tournent au ralenti. Les cultivateurs n’osent plus se rendre aux champs, de peur de tomber dans une embuscade. Dans une région où l’agriculture constitue la principale source de subsistance, la menace sur la sécurité alimentaire est réelle.
Sous couvert d’anonymat, un responsable communautaire appelle à une réponse plus ferme. Il plaide pour le renforcement des patrouilles et une réorganisation du dispositif sécuritaire, notamment sur l’axe Butembo–Manguredjipa, régulièrement cité parmi les zones les plus exposées.
À Byambwe, l’urgence est claire : retrouver la sécurité. Une aspiration simple, presque élémentaire, dans une région où l’instabilité est devenue la norme et où la paix reste, pour l’instant, hors de portée.
Justin Mupanya, correspondant à Beni

