Le signal était attendu par les exportateurs agricoles du Nord-Kivu et de l’Ituri. En suspendant la perception illégale de 10 dollars par tonne imposée par l’Office congolais de contrôle, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, tranche un contentieux ancien qui pesait lourdement sur les opérateurs économiques. La décision, formalisée par une lettre du 19 décembre 2025, s’inscrit dans la mise en œuvre effective de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce, récemment ratifié par la RDC. En mettant fin à une pratique jugée contraire à la loi et aux engagements internationaux du pays, le gouvernement affirme sa volonté d’assainir l’environnement des affaires et de consolider l’intégration commerciale du pays. Saluée par la FEC, les exportateurs de cacao-café et les producteurs locaux, cette mesure est perçue comme un pas concret vers une administration plus prévisible et un commerce extérieur plus compétitif.
La décision est nette, écrite noir sur blanc. Par une lettre datée du 19 décembre 2025, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a ordonné la suspension immédiate de la perception de 10 dollars américains par tonne prélevée de manière illégale par l’Office Congolais de Contrôle (OCC) sur les produits agricoles d’exportation dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Une mesure attendue, qui tranche avec des pratiques dénoncées de longue date par les opérateurs économiques.
L’instruction adressée au directeur général de l’OCC s’inscrit dans la continuité d’une correspondance antérieure, datée du 26 août 2025, par laquelle le ministre exigeait déjà des explications sur la persistance de cette perception jugée contraire à la réglementation. Faute de justification recevable, le couperet est tombé. Le prélèvement est suspendu. Sans ambiguïté.
Dans son argumentaire, Julien Paluku ancre sa décision dans un cadre plus large : celui de l’amélioration du climat des affaires et de l’intégration effective de la République démocratique du Congo au commerce international. La mesure s’appuie explicitement sur l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce, ratifié par la RDC en juillet dernier, qui proscrit toute entrave non justifiée à la libre circulation des biens et services.
Le ministre exige ainsi que les directions provinciales de l’OCC au Nord-Kivu et en Ituri soient notifiées « sans délai » de la cessation immédiate de cette perception. L’objectif est clair : mettre fin à des pratiques administratives qui fragilisent les filières agricoles d’exportation, alourdissent les coûts logistiques et sapent la compétitivité des producteurs locaux sur les marchés régionaux et internationaux.
Sur le terrain, la décision est accueillie comme un soulagement. La Fédération des Entreprises du Congo (FEC), l’Association des exportateurs de cacao, café et autres produits agricoles (ASSECCAF) ainsi que les producteurs des deux provinces saluent un geste fort. Pour eux, la suspension de cette taxe illégale rétablit une prévisibilité minimale, indispensable à la relance des exportations agricoles dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité et les surcoûts structurels.
Au-delà du cas de l’OCC, la décision envoie un message politique : la mise en œuvre des engagements internationaux de la RDC ne peut rester théorique. Elle doit se traduire dans les pratiques administratives quotidiennes. À défaut, la promesse d’un climat des affaires assaini resterait lettre morte.
Infos27

