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14 mai, 2026 - 10:03:54
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Burundi–Tanzanie : Plus 50 000 enfants parmi 337 000 réfugiés congolais, le prix humain de la guerre du Rwanda et de l’AFC/M23

Ils ont fui les armes, pas la faim. 337 000 Congolais ont trouvé refuge au Burundi et en Tanzanie pour une seule raison : la guerre d’agression imposée à la République démocratique du Congo par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23. Ces chiffres officiels ont été rendus publics samedi 17 janvier 2026 lors d’un spécial briefing presse tenu au studio Maman Angebi de la RTNC, animé par la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Eve Bazaiba Masudi, aux côtés du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe. Le tableau est implacable. 250 000 réfugiés congolais sont recensés au Burundi, répartis sur sept sites. Le plus vaste, Boussouma, concentre à lui seul 67 000 personnes, dont 30 000 enfants et 2 200 mineurs non accompagnés. En Tanzanie, 87 000 Congolais ont été enregistrés, parmi lesquels près de 50 000 enfants ; la dernière vague a vu l’arrivée de près de 10 000 nouveaux réfugiés. Des chiffres qui disent l’ampleur d’un drame humain façonné par les violences armées. « C’est une tragédie humaine, une désolation », a résumé Eve Bazaiba. « Nos compatriotes n’ont pas fui la misère ou le climat, ils ont fui les hostilités. » Une urgence humanitaire que le monde ne peut ignorer.

La crise est d’autant plus aiguë que plusieurs bailleurs et ONG ont réduit leur présence, conséquence d’un recentrage des politiques humanitaires internationales. Face à ce retrait, la RDC a choisi d’agir. « Par principe, le pays d’origine n’intervient pas directement », a rappelé la ministre. Mais, a-t-elle insisté, « situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ».

Un protocole spécifique a été conclu avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et les pays d’accueil, permettant l’acheminement de vivres et de non-vivres. À ce jour, Kinshasa se présente comme le premier donateur au Burundi pour ses propres ressortissants, assumant une responsabilité dictée par l’ampleur du drame.

L’exil, mais pas la rupture

Au-delà des statistiques, l’émotion a marqué les visites officielles. À Bujumbura comme en Tanzanie, l’hymne national a été entonné en sanglots par des hommes, des femmes et des enfants. Deux mots revenaient, inlassablement : paix et retour à la maison.

Pour Patrick Muyaya, cette ferveur dit l’essentiel : « Nous travaillons à recréer les conditions du retour », a-t-il assuré, saluant la résilience des Congolais, y compris dans les zones sous occupation.

Les plus vulnérables en première ligne

Les enfants non accompagnés, les femmes enceintes, les personnes handicapées, les personnes âgées et les survivantes de violences sexuelles constituent la priorité opérationnelle. Abri, alimentation, soins médicaux : les interventions sont ciblées, mais restent sous tension tant que les violences persistent.

Reste l’essentiel. Tant que la guerre menée par le Rwanda et l’AFC/M23 se poursuit, l’exil continuera de grossir les rangs des réfugiés. Ces 337 000 vies déplacées sont un signal d’alarme : une urgence humanitaire que la région et le monde ne peuvent plus reléguer à l’arrière-plan.

Infos27

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