La République démocratique du Congo accepte le principe d’un cessez-le-feu. C’est un choix politique. Un pari sur la raison plutôt que sur l’escalade. Kinshasa saisit l’initiative angolaise et s’inscrit dans le mécanisme de Doha. Elle assume le risque de la paix. Ce signal mérite d’être reconnu. La RDC ne renonce ni à sa souveraineté ni à son intégrité territoriale. Elle place la protection des civils au centre. Autrement dit, elle accepte le cessez-le-feu, mais refuse l’ambiguïté. La paix oui, l’impunité non. L’enjeu dépasse le front. Il touche à la crédibilité du droit international et à la stabilité régionale. Si les engagements sont respectés, une fenêtre s’ouvre. Sinon, la défiance s’enracine. Tout cessez-le-feu est un test de sincérité. Pour les belligérants. Pour les parrains extérieurs. Pour la communauté internationale. Il appartient désormais aux autres acteurs de répondre à ce geste. La paix ne se décrète pas seule. Elle se construit à plusieurs. La RDC a fait un pas. Qu’il ne reste pas sans écho.
COMMUNIQUÉ OFFICIEL DE LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE
La République Démocratique du Congo prend acte de l’initiative de Son Excellence Monsieur João Manuel Gonçalves Lourenço, Président de la République d’Angola, et salue les efforts constants de l’Angola en faveur d’un retour durable à la paix et à la stabilité dans la région des Grands Lacs.
La République Démocratique du Congo informe l’opinion nationale et internationale que Son Excellence Monsieur le Président de la République a accepté le principe d’un cessez-le-feu, dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit.
Ce cessez-le-feu s’inscrit dans le cadre du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu signé le 14 octobre 2025 à Doha, dont l’objectif est d’assurer une cessation effective, contrôlée et durable des hostilités, à travers un dispositif structuré de suivi et de traitement des incidents. Il implique un gel strict et immédiat des positions, l’arrêt de tout renforcement militaire, la cessation de toute rotation ou approvisionnement offensif, l’interdiction de toute tentative de modification du statu quo sur le terrain, ainsi que la fin de tout appui extérieur aux groupes armés opérant sur le territoire national. Il suppose également la protection effective des populations civiles et le respect du droit international humanitaire.
La République Démocratique du Congo rappelle que toute consolidation unilatérale des positions militaires ou toute action visant à altérer l’équilibre sur le terrain pendant la période de cessez-le-feu compromettrait gravement la crédibilité du processus et en affaiblirait les perspectives.
La République Démocratique du Congo demeure engagée en faveur d’un retour durable à la paix, dans le strict respect de sa souveraineté, de son intégrité territoriale et de la sécurité de ses citoyens.
Fait à Kinshasa, le 13 février 2026.

