Longtemps synonyme d’ornières et d’isolement, l’axe Aru–Ariwara redevient praticable. Sur plus de 45 kilomètres, cette artère stratégique du territoire d’Aru, dans la province de l’Ituri, a retrouvé une plateforme fonctionnelle. De Ariwara jusqu’au monument marquant l’entrée du territoire d’Aru, la circulation reprend. Concrètement. Visiblement.
Les travaux, conduits par la société Petrocity, ont été inspectés sur le terrain par le capitaine Yanula, conseiller du gouverneur militaire en charge des infrastructures. Une présence qui se veut à la fois technique et politique : dans une province sous administration militaire, l’état des routes est un marqueur d’autorité autant qu’un levier économique.
Une mobilité retrouvée, un signal politique
« La plateforme tient. Les travaux sont bien faits », constate le chef de division technique de l’Office des routes en Ituri. Et d’ajouter, sans emphase : « Cela va booster de nouveau la mobilité dans le coin. » L’analyse est partagée par les usagers, pour qui l’axe Aru–Ariwara conditionne l’accès aux marchés, aux services et aux activités de survie quotidienne.
Au-delà de ce tronçon, le chantier s’inscrit dans un mouvement plus large. À Aru comme dans d’autres territoires de l’Ituri, plusieurs axes sont en cours de réhabilitation sous l’impulsion de l’administration militaire. Une stratégie assumée : désenclaver pour stabiliser, circuler pour produire, réparer pour relancer. Dans une région marquée par l’insécurité, la route devient un outil de gouvernance.
La satisfaction des populations, souvent exprimée à voix basse, dit l’essentiel. Quand l’infrastructure revient, l’État réapparaît. Et avec lui, l’espoir d’un quotidien moins entravé.
M.B.

