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5 mars, 2026 - 13:19:39
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Après les avoir déplacés de force d’Uvira : Kigali et l’AFC-M23 orchestrent une propagande de victimisation des Banyamulenge

Ils demandent à rentrer chez eux, pendant que d’autres fabriquent un récit. Déportées sous contrainte d’Uvira vers Kamanyola, des familles banyamulenge dénoncent une manipulation politique et exigent leur retour immédiat dans leur cadre de vie, de travail et de responsabilités. Cette parole heurte de front une vaste opération de propagande orchestrée par la coalition RDF/M23/AFC, avec l’appui du Rwanda, visant à présenter la communauté comme victime d’exactions qu’elle dément. Selon des sources dignes de foi, le chef rebelle Corneille Nangaa a fait son arrivée à Bukavu, escorté de médias locaux, nationaux et internationaux, pour piloter une offensive médiatique. Objectif affiché : rencontrer certaines familles banyamulenge ayant quitté Uvira avant le retrait du M23/RDF et cadrer un discours destiné à l’opinion internationale. Sur le terrain, les déplacés parlent d’exil imposé, de précarité organisée et d’un mensonge structuré. Leur revendication, elle, reste inchangée : rentrer chez eux, sans condition, et mettre fin à une instrumentalisation communautaire au cœur de la guerre de l’information.

À Kamanyola, les mots sont pesés. Les Banyamulenge déplacés disent leur refus d’un exil qu’ils n’ont pas choisi. « Nous voulons retourner à Uvira, là où nous vivons, travaillons et assumons nos responsabilités », résume un porte-parole communautaire. Le message vise directement la coalition RDF/M23/AFC, qui a contraint des familles à quitter leurs foyers sous couvert de protection.

Cette parole heurte de front une vaste opération de propagande. Selon des sources dignes de foi, le Corneille Nangaa a fait son arrivée à Bukavu, escorté de médias locaux, nationaux et internationaux, pour piloter une offensive médiatique. Objectif : rencontrer certaines familles banyamulenge ayant quitté Uvira avant le retrait du M23/RDF et cadrer un discours destiné à l’opinion internationale.

Une désinformation méthodique

Dans cette entreprise, plusieurs cadres rebelles, dont Moïse Nyarugabo et Yannick Tshisola, sont mobilisés pour un « réarmement moral et idéologique ». Les témoignages, affirment les sources, sont préparés, orientés, calibrés pour accuser faussement les FARDC et les Wazalendo, présentés comme des bourreaux.
Les déplacés démentent. « Ceux qui sont restés à Uvira n’ont été ni inquiétés, ni agressés », assurent-ils. À leurs yeux, la sécurité de la communauté a été assurée précisément par les FARDC et les Wazalendo, face à des actes prémédités visant les Banyamulenge ayant refusé la manipulation.

Au-delà du récit sécuritaire, l’impact social est immédiat. À Kamanyola, l’angoisse domine : enfants menacés de devenir sans-abri, adultes promis à la précarité. « Nous refusons de devenir des nécessiteux », tranche un père de famille. Le retour à Uvira apparaît comme la seule issue pour préserver une vie sociale et économique déjà fragilisée par la guerre.

Le gouvernement congolais appuie cette lecture. Il dénonce la déportation de membres de la communauté Banyamulenge, imputée au « duo criminel RDF-M23 », accusé d’instrumentaliser ces déplacements pour justifier une présence armée illégitime. « Ces pratiques inacceptables portent gravement atteinte aux droits fondamentaux », souligne l’exécutif, qui salue le refus de la communauté de servir d’alibi à l’agression.

Dans cette bataille des récits, une certitude demeure pour les déplacés : la propagande peut saturer l’espace médiatique, mais elle ne remplace pas les faits. Et, sur le terrain, la demande reste inchangée : rentrer à Uvira, sans condition, et mettre fin aux déplacements forcés.

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