Changer d’échelle. À Davos, la République démocratique du Congo a affiché une stratégie. Devant partenaires financiers, institutions africaines et industriels des minerais critiques, Kinshasa a défendu une ligne claire : accélérer l’intégration continentale, capter davantage de valeur ajoutée et maîtriser les outils technologiques de demain. Intelligence artificielle, paiements panafricains, transformation locale des ressources minières : autant de leviers présentés comme indispensables pour rompre avec la dépendance historique aux exportations brutes. Au cœur de cette séquence, Félix Tshisekedi a posé les bases d’un « partenariat gagnant-gagnant », revendiquant pour la RDC un rôle d’acteur structurant plutôt que de simple fournisseur. À Davos, le pays a parlé puissance, pas assistance.
Davos ne pardonne pas l’improvisation. La RDC est venue avec un cap. Le 21 janvier, au Forum économique mondial, la délégation congolaise a enchaîné réunions techniques, rencontres diplomatiques et tables rondes stratégiques. Objectif : ancrer le pays dans deux batailles décisives pour l’avenir du continent — l’intégration économique africaine et la souveraineté technologique.
Pas de discours généraliste. Des dossiers concrets.
Un marché continental de 1,4 milliard d’habitants
Dès l’aube, Kinshasa participe à une task force de haut niveau autour du secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene. Autour de la table : bailleurs, institutions financières et décideurs. Sujet central : rendre effective la Zone de libre-échange continentale africaine.
La digitalisation domine les échanges. L’intelligence artificielle n’est plus perçue comme une menace pour l’emploi, mais comme un accélérateur de développement. Une étude évoque jusqu’à 1 200 milliards de dollars supplémentaires pour le PIB africain d’ici 2030.
Applications immédiates : diagnostic agricole par smartphone, prédiction des récoltes, télémédecine dans les zones enclavées.
L’idée fait consensus : le continent peut sauter des étapes.
Kinshasa veut peser
Dans ses discussions avec Wamkele Mene, la RDC avance trois priorités.
D’abord, la souveraineté financière, avec l’installation à Kinshasa du bureau africain du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), destiné à faciliter les transactions en monnaies locales.
Ensuite, les infrastructures frontalières, notamment avec la Zambie, pour fluidifier le commerce régional.
Enfin, une proposition plus politique : créer un sous-comité de chefs d’État chargé de suivre de près la mise en œuvre de la ZLECAf. Autrement dit : transformer les engagements en décisions exécutoires.
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