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27 avril, 2026 - 15:17:41
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Davos : Tshisekedi exige des partenariats « respectueux de la souveraineté » pour les minerais de la RDC

Finie l’ère des contrats léonins et des promesses à sens unique. À Davos, devant décideurs économiques et investisseurs mondiaux, Félix Tshisekedi a posé les termes d’une nouvelle doctrine congolaise : coopérer, oui, mais sur un pied d’égalité. Le chef de l’État de la République démocratique du Congo appelle à des alliances « mutuellement bénéfiques », adossées au respect de la souveraineté et à la création d’une véritable chaîne de valeur locale autour des minerais stratégiques. Dans un contexte de compétition accrue pour le cobalt, le cuivre et le lithium, Kinshasa entend désormais peser davantage sur les règles du jeu. Le message est limpide : la RDC ne veut plus seulement exporter ses ressources, elle veut transformer, industrialiser et capter les retombées. À ceux qui hésitent, Tshisekedi répond par une invitation calculée : investir maintenant, ou regarder l’histoire s’écrire sans eux.

Devant le Forum économique mondial, Félix Tshisekedi ne s’est pas contenté de vendre le potentiel minier congolais. Il a fixé des conditions. Pas de coopération sans respect. Pas d’investissement sans équité.

Le président congolais appelle les partenaires internationaux à travailler « dans un cadre de collaboration fondé sur des partenariats mutuellement bénéfiques, respectueux de la souveraineté des États et porteurs de prospérité partagée ».

Un vocabulaire qui tranche avec les anciennes logiques extractives.

Derrière la formule, un message politique : Kinshasa ne veut plus être un simple réservoir de matières premières.

Cuivre, cobalt, lithium. Les minerais critiques placent la RDC au centre de la transition énergétique mondiale. Batteries, véhicules électriques, technologies vertes : tout converge vers son sous-sol. Mais le pays refuse désormais de rester au bas de la chaîne de valeur.

Tshisekedi parle d’une industrie « plus juste, plus durable et tournée vers l’avenir des générations futures ». Autrement dit : transformer sur place, créer des emplois, capter davantage de richesses.

Rompre avec la dépendance minière

Le chef de l’État assume un changement de posture.

« L’Afrique n’attend plus seulement d’être entendue, elle est prête à bâtir », affirme-t-il.

La formule sonne comme une mise en garde. L’heure n’est plus aux plaidoyers, mais aux rapports de force.

Kinshasa se dit « ouverte à ceux qui voient loin et acceptent de prendre des risques avec elle ». Une invitation sélective, presque stratégique : les investisseurs sont attendus, mais aux conditions du pays hôte.

Dans les couloirs feutrés de Davos, cette prise de position vise aussi à corriger une histoire lourde : concessions déséquilibrées, dépendance aux exportations brutes, bénéfices captés ailleurs. La RDC veut désormais négocier autrement.

Dernier mot d’ordre du président : « transformer le défi minéral en un levier de prospérité universelle ». Moins un slogan qu’un cap politique.

À l’heure où les grandes puissances se disputent l’accès aux minerais stratégiques, Tshisekedi entend rappeler une évidence : la souveraineté économique ne se délègue pas. Elle se négocie — fermement.

Infos27

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