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Kinshasa
13 mai, 2026 - 07:23:38
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De Davos à Paris puis Oyo, Tshisekedi déploie une offensive diplomatique pour sécuriser la RDC

C’est un enchaînement calculé. À peine sorti du Forum économique mondial de Davos, où il a plaidé pour des partenariats « mutuellement bénéfiques » dans la chaîne de valeur des minerais stratégiques congolais, Félix Tshisekedi a atterri à Paris pour un entretien à l’Élysée avec Emmanuel Macron, avant de rejoindre Oyo, en République du Congo, pour consulter Denis Sassou Nguesso. Trois étapes, un même fil conducteur : économie, alliances politiques, sécurité régionale. Face aux offensives du Rwanda sous couvert du M23 dans l’est de la RDC, Kinshasa cherche à élargir le rapport de force. Internationaliser le dossier. Transformer les soutiens diplomatiques en appuis concrets.

Une séquence pensée comme un levier.

D’abord Davos.

Sur les hauteurs suisses, le président congolais parle minerais, investissements, transformation locale. Il défend l’idée d’une RDC qui ne soit plus simple exportatrice brute, mais un acteur clé de la chaîne de valeur stratégique mondiale.

Un message économique, mais aussi politique. Car sécuriser les partenariats, c’est sécuriser le territoire. Et attirer les investisseurs suppose de stabiliser l’Est.

À peine la parenthèse économique refermée, le chef de l’État change de registre. Cap sur Paris.

À Paris, la recherche d’un appui politique clair

À l’Élysée, vendredi, Félix Tshisekedi s’entretient avec Emmanuel Macron lors d’un déjeuner de travail. La tonalité est plus grave.

Les discussions portent sur « la situation humanitaire tragique » dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, aggravée par les offensives du M23 soutenu directeùent par l’armée rwandaise.

La France réaffirme son attachement « à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de la RDC ».

Formule diplomatique classique. Mais, dans le contexte actuel, elle équivaut à un signal politique : Paris ne renvoie pas dos à dos les protagonistes.

Kinshasa cherche précisément cela : des positions nettes, pas des équilibres prudents.

Après l’appui occidental, le verrou régional

Le lendemain, Tshisekedi traverse le fleuve. Direction Oyo, à l’invitation de Denis Sassou Nguesso.

Changement d’échelle. Moins de projecteurs. Plus de géographie.

Brazzaville et Kinshasa partagent l’histoire, la frontière, les flux humains. La stabilité de l’un conditionne celle de l’autre.

Officiellement, il est question de « bon voisinage » et de coopération. En réalité, la sécurité régionale domine les échanges.

Dans la crise actuelle, le Congo-Brazzaville apparaît comme un interlocuteur stratégique, capable de peser dans les mécanismes de médiation sous-régionale.

Kinshasa consolide ses arrières. La diplomatie comme second front. La séquence dessine une méthode.

À Davos, rassurer les investisseurs. À Paris, obtenir un soutien politique international. À Oyo, verrouiller l’environnement régional. Trois cercles. Économique. Diplomatique. Sécuritaire.

Face à Kigali, la RDC élargit le théâtre du rapport de force. Car la guerre ne se gagne pas seulement sur les collines du Kivu. Elle se joue aussi dans les conseils d’administration, les chancelleries, les palais présidentiels.

De la Suisse à la France, puis au Congo voisin, Tshisekedi avance une même ligne : faire de la souveraineté congolaise non plus une revendication, mais un engagement partagé. La bataille militaire continue. Mais la riposte, elle, est désormais globale.

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