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16 avril, 2026 - 19:02:22
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Université de Kananga : Tshisekedi attendu au Kasaï Central pour ancrer sa stratégie de rééquilibrage territorial

Il n’a pas encore posé le pied à Kananga, mais le message est déjà politique. Attendu ce lundi 26 janvier dans le chef-lieu du Kasaï-Central, Félix Tshisekedi doit inaugurer plusieurs infrastructures publiques, dont la nouvelle Université de Kananga. Une étape intérieure qui tranche avec sa récente séquence diplomatique : Davos, Paris, Oyo et recentre l’action présidentielle sur le front social. Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse la simple ouverture d’un campus : il s’agit de corriger des décennies de centralisation académique, de rapprocher l’enseignement supérieur des provinces et de faire de l’université un outil de développement local. Derrière les bâtiments, une stratégie : retenir la jeunesse et transformer le capital humain en levier de souveraineté.

Sauf changement de dernière minute, le chef de l’État est attendu à Kananga ce lundi. Au programme : l’inauguration de plusieurs infrastructures, dont la nouvelle université publique.

Officiellement, une visite de travail. Mais, à Kinshasa, on assume une portée plus large.

Le Kasaï-Central incarne ces régions longtemps restées à l’écart des grands investissements universitaires. Faute d’établissements modernes, des milliers d’étudiants étaient contraints de migrer vers Kinshasa ou Lubumbashi. Exode coûteux. Campus saturés. Inégalités persistantes.

L’ouverture annoncée d’une université locale vise à rompre cette mécanique.

Désengorger la capitale, former en province

Depuis son accession au pouvoir, Félix Tshisekedi répète que l’éducation doit devenir un pilier de la transformation économique. Les chantiers se multiplient.

À Mbuji-Mayi au Kasaï Oriental, de nouvelles infrastructures ont élargi l’offre de formation. À Kinshasa, des projets d’extension cherchent à absorber la pression démographique. Dans plusieurs provinces, des pôles académiques émergent. La logique est simple : rapprocher l’université des populations. Former sur place. Limiter l’exode interne. Et créer autour des campus des bassins d’activités capables de soutenir l’agriculture, les mines, la santé ou l’ingénierie.

Autrement dit, faire de l’enseignement supérieur un outil de développement, pas seulement un symbole académique.

Une politique d’aménagement du territoire

Derrière la visite annoncée, se dessine une stratégie plus structurelle.

Pendant des décennies, l’essentiel des investissements universitaires s’est concentré dans quelques métropoles. Les provinces, elles, sont restées sous-équipées.

Le déploiement de nouvelles institutions vise à corriger ce déséquilibre.

Pour l’exécutif, l’université devient un instrument d’aménagement du territoire. Un levier contre les fractures régionales. Kananga s’inscrit dans cette cartographie.

Retour au front intérieur

La séquence intervient après plusieurs déplacements internationaux : Davos pour les partenariats miniers, Paris pour les consultations sécuritaires avec la France, puis Oyo pour la coordination régionale avec Denis Sassou Nguesso.

Cette fois, le chef de l’État revient au terrain domestique.

Message implicite : la diplomatie ne suffit pas. Le développement passe aussi par l’investissement social.

À destination d’une jeunesse majoritaire dans le pays, le signal est clair : l’avenir ne doit plus se construire uniquement dans la capitale.

Si elle se confirme, l’étape de Kananga marquera ainsi moins une inauguration qu’une affirmation politique. Celle d’un État qui tente de rééquilibrer son territoire en misant sur le savoir. Et, pour le pouvoir, la bataille du développement commence désormais dans les amphithéâtres.

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