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6 février, 2026 - 23:19:36
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L’illusion d’un conflit interne tombe [Edito]

Il aura fallu un aveu. Un seul. Et tout bascule.

Pendant des années, Kinshasa accusait. Les experts de l’ONU documentaient. Kigali niait. Le doute servait d’écran. La guerre de l’Est restait enveloppée d’une fiction commode : celle d’une rébellion locale, spontanée, presque endogène.

Cette fiction vient de s’effondrer.

Depuis Washington, l’ambassadrice du Rwanda a reconnu une « coordination sécuritaire » avec le M23-AFC. Le mot est choisi. Il se veut technique. Défensif. Presque anodin. Il dit pourtant l’essentiel : un État collabore avec un groupe armé opérant sur le territoire d’un voisin.

Ce n’est plus une suspicion. C’est un fait.

Admettre la coordination, c’est admettre l’implication.

La ligne de défense de Kigali tombe d’elle-même.

Cette clarification change la nature du conflit. On ne parle plus d’une crise congolo-congolaise. On parle d’une responsabilité d’État. En droit comme en politique, la différence est décisive.

Car une rébellion se combat. Un parrainage étatique se sanctionne.

Washington ne s’y trompe pas. Le Congrès durcit le ton. Les élus évoquent des « spoilers » de la paix. Ils pointent les circuits de minerais de guerre. Ils lient sécurité régionale et intérêts stratégiques globaux. Le Rwanda perd le bénéfice du doute. Le bouclier moral hérité de 1994 ne suffit plus.

Le monde regarde désormais les actes.

Dans cette séquence, la position congolaise sort renforcée.

Depuis dix ans, Kinshasa martèle la même thèse : le M23 n’existe pas sans appui extérieur. Les preuves s’accumulaient. Elles sont maintenant corroborées par Kigali lui-même. La diplomatie congolaise, longtemps accusée d’exagération, apparaît rétrospectivement lucide.

Cette constance mérite d’être soulignée.

La RDC ne demande pas un privilège. Elle exige une règle simple : le respect de sa souveraineté. C’est le minimum du droit international.

Reste une responsabilité collective. La communauté internationale ne peut plus se réfugier derrière l’ambiguïté. Les mots ont été prononcés. Les faits sont établis. Il faut en tirer les conséquences : pression politique, traçabilité des minerais, sanctions ciblées si nécessaire.

La stabilité de l’Afrique centrale en dépend.

Et une évidence s’impose : on ne construit pas la paix sur le déni.

L’heure n’est plus aux faux-semblants. Elle est à la responsabilité.

Infos27

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