Fin de la tolérance pour les sites laissés à l’abandon au lendemain des fêtes populaires. À Kinshasa, les autorités provinciales imposent désormais des règles strictes aux organisateurs de kermesses, fan zones et manifestations publiques : nettoyage intégral obligatoire, caution financière de 1 000 dollars, contrôle conjoint de deux ministères et sanctions immédiates en cas de manquement. Sans dépôt préalable, aucune autorisation ne sera délivrée. Derrière ces mesures, l’Hôtel de ville veut mettre fin aux scènes récurrentes d’insalubrité et responsabiliser les promoteurs d’événements. Une régulation assumée, qui marque un tournant dans la gestion de l’espace public.
La fête, oui. Le désordre, non.
Face aux déchets accumulés après les concerts, matchs retransmis ou kermesses de quartier, Kinshasa change de méthode. Désormais, toute manifestation publique devra intégrer, noir sur blanc, un dispositif de propreté.
Nettoyage complet du site. Évacuation des déchets. Remise en état immédiate des lieux.
Rien ne devra subsister après la clôture des activités.
Pas de caution, pas d’événement
La principale nouveauté est financière.
Chaque organisateur devra verser une caution de 1 000 dollars américains : environ 2,3 millions de francs congolais. Une garantie destinée à couvrir d’éventuelles dégradations ou manquements.
Le remboursement ne sera accordé qu’en cas de respect strict des obligations.
Sans ce dépôt préalable, aucune autorisation ne sera délivrée par les services compétents.
Autrement dit : pas de caution, pas d’événement.
Le message est clair. Les autorités veulent rompre avec une pratique jugée trop permissive, où les espaces publics servaient de terrains festifs sans responsabilité ultérieure.
Contrôles croisés et sanctions
Le suivi sera assuré conjointement par le ministère provincial de la Jeunesse, Sports et Loisirs, Culture et Arts, et celui de l’Environnement, chargé de la propreté et de l’embellissement urbain. Une double tutelle pour éviter les failles.
En cas de non-respect, les sanctions s’annoncent dissuasives : amendes administratives, suspension ou annulation de l’autorisation, voire interdiction d’organiser de futurs événements.
La circulaire conjointe signée par Bob Amisso Yoka Lumbila et Léon Mulumba Mwana Nshiya formalise cette ligne dure.
À l’Hôtel de ville, on assume une approche pragmatique : encadrer sans étouffer.
Les manifestations populaires restent autorisées. Mais leurs coûts environnementaux ne seront plus supportés par la collectivité.
Cette régulation traduit une volonté plus large : restaurer l’ordre urbain et faire de la propreté un standard, non une option.
Dans une capitale en pleine pression démographique, l’espace public devient un enjeu politique.
Et désormais, la règle tient en une formule simple : organiser, c’est aussi réparer.
Infos27/Parole Écrite

