L’intégration commerciale régionale s’accélère. À quelques jours de la réunion tripartite RDC–Zambie–Angola prévue les 5 et 6 février à Luanda, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a réuni à Kinshasa une délégation de haut niveau de la Banque mondiale pour coordonner la mise en œuvre du corridor de Lobito et évaluer le Projet de facilitation du commerce et d’intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL). L’enjeu dépasse la simple infrastructure : il s’agit de désenclaver les zones minières et agricoles, fluidifier les échanges transfrontaliers et consolider la stabilité économique dans une région fragilisée par les conflits. Postes frontaliers à arrêt unique, ports secs et marchés transfrontaliers figurent parmi les priorités soutenues par les partenaires financiers internationaux.
Les discussions ont porté sur des routes, des rails et des frontières. Mais l’objectif est plus large : relier les économies.
Lundi 26 janvier, à Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a tenu une réunion stratégique avec une délégation de la Banque mondiale conduite par Albert Zeufack, directeur des opérations de l’institution en République démocratique du Congo. À l’ordre du jour : préparer la participation congolaise à la réunion tripartite RDC–Zambie–Angola prévue les 5 et 6 février à Luanda, consacrée à l’accélération du corridor de Lobito et à l’évaluation de plusieurs projets régionaux de facilitation du commerce.
La rencontre de Luanda doit réunir des responsables des trois États, des représentants de la Banque mondiale : dont le numéro deux et plusieurs vice-présidents, ainsi que des membres du gouvernement congolais, parmi lesquels le vice-premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, et le ministre des Finances, Doudou Fwamba.
Un corridor stratégique pour les exportations
Le corridor de Lobito constitue l’un des axes logistiques majeurs envisagés pour désenclaver le sud-est congolais, riche en ressources minières, en reliant la RDC à la façade atlantique angolaise via le chemin de fer de Benguela.
Pour Kinshasa, l’enjeu est clair : réduire les coûts de transport, raccourcir les délais d’exportation et diversifier les débouchés commerciaux.
Le projet intègre non seulement les infrastructures ferroviaires et routières, mais aussi l’énergie, l’agriculture et les plateformes logistiques régionales.
Faciliter le commerce dans les Grands Lacs
Les discussions ont également porté sur l’évaluation du Projet de facilitation du commerce et d’intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL), notamment dans la province du Sud-Kivu, ainsi que sur la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL).
Créée en 1976, cette organisation vise à « assurer la sécurité des États membres, promouvoir les activités d’intérêt commun et intensifier les échanges commerciaux et la libre circulation des personnes et des biens ».
Les autorités congolaises espèrent que cette architecture régionale pourra soutenir la mise en œuvre des accords de paix et favoriser la stabilisation économique de zones longtemps affectées par les conflits.
L’appui réaffirmé de la Banque mondiale
Au cours de la réunion, la Banque mondiale a réitéré son engagement à accompagner la RDC dans la modernisation de ses infrastructures commerciales.
Les priorités évoquées incluent les postes frontaliers à arrêt unique, les ports, ainsi que les marchés transfrontaliers, notamment à Kasindi-Lubiriha, dans l’est du pays.
Au nom du gouvernement, Julien Paluku a demandé que ces investissements soient étendus à d’autres points stratégiques, citant « Kasumbalesa et Lufu », au sud-est et à l’ouest, afin d’élargir les bénéfices à l’ensemble du territoire.
Au-delà de la technique, ces projets traduisent une stratégie plus large : faire du commerce transfrontalier un levier de croissance et de stabilité.
Dans une région où l’enclavement nourrit l’informel et fragilise l’autorité de l’État, améliorer la circulation des biens et des personnes est perçu comme un outil de développement autant que de sécurité.
À Luanda, début février, Kinshasa cherchera donc plus qu’un accord logistique. Elle jouera une partie essentielle : celle de son intégration régionale.
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