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18 avril, 2026 - 01:54:48
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55 577 $ la tonne de cobalt : l’économie congolaise dopée par les minerais critiques

D’un côté, les métaux stratégiques accélèrent. De l’autre, plusieurs produits agricoles et miniers décrochent. Les mercuriales publiées par le ministère du Commerce extérieur pour la période du 26 au 31 janvier montrent un cobalt à 55 577 dollars la tonne, un or à plus de 153 dollars le gramme et un étain au-delà de 52 000 dollars, tandis que le cacao tombe à 4,65 dollars le kilo et que le cuivre recule autour de 13 000 dollars. Cette photographie hebdomadaire confirme une constante de l’économie congolaise : la croissance des recettes d’exportation reste tirée par les minerais critiques recherchés par l’industrie mondiale, alors que l’agriculture et certains métaux traditionnels peinent à suivre. Une embellie réelle mais fragile, qui pose la question, toujours non résolue, de la transformation locale et de la diversification productive.

Les chiffres dessinent deux trajectoires. La première grimpe nettement. La seconde s’essouffle.

Selon les dernières mercuriales diffusées par la cellule de communication du ministère du Commerce extérieur, couvrant la semaine du 26 au 31 janvier, les exportations congolaises demeurent portées par la hausse des minerais stratégiques, tandis que plusieurs filières agricoles et certains métaux industriels reculent.

Le cobalt atteint 55 577 dollars la tonne, contre 53 580 précédemment, affichant une « tendance haussière ». L’or progresse de 147,07 à 153,29 dollars le gramme. L’étain grimpe fortement, de 46 680 à 52 383 dollars la tonne.

Même orientation pour le tantale, le tungstène et l’argent, également classés en hausse.

Ces matières premières sont aujourd’hui essentielles aux batteries électriques, aux semi-conducteurs et aux technologies de transition énergétique. La demande internationale soutient mécaniquement les cours, et la RDC, premier producteur mondial de cobalt, en bénéficie directement.

À l’inverse, plusieurs produits accusent un repli.

Le cacao passe de 5,27 à 4,65 dollars le kilo, en « tendance baissière ». Le café arabica recule légèrement. Le cuivre glisse de 13 179 à 13 031 dollars la tonne. Le nickel, l’aluminium et les batteries usées suivent la même pente.

D’autres filières stagnent. Le thé, l’huile de palme, le sésame, le caoutchouc, le soja ou encore la papaye sont signalés « stables », sans variation notable.

Une économie à deux vitesses

Cette divergence illustre un déséquilibre structurel.

Les minerais critiques, insérés dans des chaînes industrielles mondiales en expansion, captent l’essentiel de la valeur. Les produits agricoles, eux, restent soumis à une concurrence internationale forte, à des coûts logistiques élevés et à une transformation locale limitée.

La RDC exporte encore majoritairement des matières premières brutes. Peu de raffinage, peu de transformation, donc peu de valeur ajoutée conservée sur place.

En clair, lorsque les cours miniers montent, les recettes progressent rapidement. Lorsqu’ils baissent, le pays encaisse immédiatement le choc.

Un enjeu industriel et politique

Les mercuriales, bien que techniques, traduisent ainsi un choix économique plus large.

Depuis des décennies, l’appareil productif congolais repose sur l’extraction. Le modèle a permis de générer des devises, mais il maintient une forte dépendance aux fluctuations des marchés internationaux.

La hausse actuelle du cobalt, de l’étain ou du tantale offre un répit budgétaire. Elle renforce aussi le rôle stratégique du pays dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Mais elle ne règle pas la question centrale : comment transformer localement pour capter davantage de richesse ?

Sans industrialisation, chaque embellie demeure conjoncturelle.

Les chiffres publiés cette semaine le rappellent avec netteté : la RDC gagne quand ses minerais montent. Elle attend lorsque le reste stagne. Une performance réelle, mais encore fragile.

Infos27

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