Les chiffres traduisent une relation solidement ancrée. En 2024, les exportations sénégalaises vers le Maroc ont atteint 24,7 milliards de FCFA, tandis que les importations en provenance du Royaume ont culminé à 147 milliards. À Rabat, le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch et le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko ont affiché, lundi, leur volonté de donner une nouvelle impulsion à ce partenariat déjà dense, à l’occasion de la 15ᵉ Grande Commission mixte de coopération. Commerce, énergie, agriculture, finance, infrastructures : les deux capitales veulent élargir une coopération jugée stratégique dans un contexte africain marqué par la recherche d’intégration économique et de solutions régionales. Au-delà des symboles diplomatiques, Rabat et Dakar misent sur des projets concrets et des investissements croisés pour consolider un axe devenu l’un des plus actifs du continent.
La relation ne se limite plus aux déclarations d’intention. Elle se mesure désormais en volumes d’échanges, en investissements et en projets communs.
Lundi, à Rabat, le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, et le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, ont réaffirmé leur volonté de renforcer le partenariat stratégique entre leurs deux pays, en marge de la 15ᵉ Grande Commission mixte de coopération maroco-sénégalaise.
La rencontre, organisée en présence de plusieurs responsables gouvernementaux et diplomatiques, dont le ministre marocain des Affaires étrangères, visait à dresser le bilan de la coopération bilatérale et à identifier de nouveaux axes de collaboration.
Les deux dirigeants ont souligné leur « attachement commun à un partenariat stratégique fondé sur une convergence de vues politiques et diplomatiques », selon un communiqué officiel.
Une relation ancienne, un cadre renforcé
Les liens entre Rabat et Dakar s’inscrivent dans une histoire longue. Dès novembre 1960, peu après l’indépendance du Sénégal, les deux États signaient leur premier accord diplomatique.
Depuis, le cadre juridique s’est densifié : plus de 130 accords ont été conclus, et une trentaine d’autres sont en cours de négociation.
Aziz Akhannouch a insisté sur « la profondeur historique des relations humaines, culturelles, spirituelles et économiques » entre les deux pays, rappelant que plusieurs visites du roi Mohammed VI à Dakar, notamment en 2013, 2015 et 2016, ont donné une impulsion décisive à cette coopération.
Des échanges commerciaux en hausse
Au-delà du symbole politique, la dynamique est économique.
En 2024, les exportations sénégalaises vers le Maroc ont atteint 24,7 milliards de FCFA, en progression de plus de 26 % sur un an, portées par les produits halieutiques et agroalimentaires.
Les importations sénégalaises en provenance du Maroc se sont élevées à 147 milliards de FCFA, confirmant l’ampleur des flux commerciaux entre les deux économies.
Ces chiffres placent le Maroc parmi les partenaires majeurs du Sénégal sur le continent.
Les investissements marocains y sont particulièrement visibles. Banques, assurances, industrie pharmaceutique, agroalimentaire, énergie, mines, BTP : les groupes marocains occupent désormais des positions clés dans plusieurs secteurs.
Des institutions financières comme Bank of Africa, Attijariwafa Bank ou Banque Atlantique sont solidement implantées dans le pays.
Une coopération élargie à l’échelle régionale
Les discussions ont également porté sur des projets structurants à dimension régionale.
Rabat met en avant son initiative visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, présentée comme un levier d’intégration commerciale et logistique pour l’Afrique de l’Ouest.
Les deux gouvernements ont identifié plusieurs secteurs prioritaires : agriculture, énergie, industrie, commerce, économie numérique, santé, enseignement supérieur, mais aussi défense et sécurité.
La Grande Commission mixte est ainsi présentée comme une étape opérationnelle destinée à accélérer la mise en œuvre de ces chantiers.
L’option sud-sud assumée
Dans un contexte international marqué par les recompositions géopolitiques et la recherche de partenaires régionaux plus fiables, Rabat et Dakar revendiquent une coopération « sud-sud » renforcée.
L’objectif affiché : construire des chaînes de valeur africaines, réduire la dépendance extérieure et favoriser une intégration économique continentale plus autonome.
Pour les deux capitales, le partenariat ne relève plus seulement de la diplomatie. Il devient un outil de développement.
À Rabat, lundi, le message était clair : consolider l’axe maroco-sénégalais pour en faire un moteur régional. Un choix stratégique autant qu’économique.
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