Six mois après l’attaque sanglante de l’église catholique de Komanda, en Ituri, deux enfants portés disparus ont été retrouvés vivants dans la forêt de Mayuano, avant d’être conduits dans un camp militaire de l’armée ougandaise (UPDF). Leur présence sur le site, confirmée par des sources locales et religieuses, suscite à la fois soulagement et inquiétudes, leurs familles attendant toujours leur retour. L’épisode met en lumière la persistance des violences attribuées aux rebelles ADF et les zones grises de la coopération sécuritaire entre Kinshasa et Kampala dans cette région frontalière en proie à l’insécurité.
Une disparition devenue symbole pour la communauté. Leur sort était resté incertain pendant près de six mois.
Deux enfants enlevés lors de l’attaque de l’église catholique de Komanda, en juillet 2025, ont été retrouvés vivants en décembre dernier dans la forêt de Mayuano, dans le territoire de Mambasa (Ituri), avant d’être transférés dans un camp militaire de l’armée ougandaise (UPDF). L’information a été confirmée mercredi 28 janvier par des sources locales et religieuses.
L’attaque, attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), avait profondément marqué la région. Des fidèles avaient été tués alors qu’ils participaient à un office religieux dans la chefferie des Basili, territoire d’Irumu. D’autres civils, dont plusieurs enfants, avaient été emmenés de force.
Parmi eux figuraient les deux mineurs aujourd’hui retrouvés.
Retrouvés dans la forêt, puis confiés à l’UPDF
Selon des habitants, les enfants ont été localisés à l’approche des fêtes de Noël, errant dans la forêt de Mayuano. Alertées, les autorités locales ont pris contact avec les militaires ougandais engagés dans des opérations conjointes contre les ADF.
Les deux rescapés ont ensuite été conduits dans un camp de l’UPDF, où ils se trouvent toujours.
Pour attester de leur identité, les responsables militaires ont sollicité la présence du curé de Komanda, l’abbé Aimé Lokana Dhego.
Le prêtre affirme les avoir rencontrés le 2 janvier 2026.
Un retour encore suspendu
Si la survie des enfants a suscité un soulagement au sein de la communauté, leur retour auprès des familles tarde.
Selon l’abbé Lokana, les autorités militaires ougandaises conditionnent leur transfert à la présence d’un responsable hiérarchique actuellement en mission en Ouganda.
« L’armée ougandaise nous a indiqué qu’elle attendait l’un de ses responsables, et c’est seulement après son retour que les enfants pourront regagner leurs familles respectives », a-t-il expliqué.
Le religieux s’est toutefois montré préoccupé par la situation.
« Normalement, leur retour en famille ferait notre joie. Nous estimons que l’environnement actuel n’est pas propice pour ces enfants », a-t-il déclaré.
Les séquelles persistantes des violences des ADF
Cet épisode illustre, une fois de plus, les conséquences durables des attaques menées par les ADF dans l’est de la RDC.
Malgré les opérations conjointes entre les armées congolaise et ougandaise, les incursions du groupe armé continuent de provoquer déplacements de populations, enlèvements et traumatismes au sein des communautés rurales.
La question de la prise en charge des rescapés, notamment des enfants, reste également un défi humanitaire et administratif, nécessitant une coordination étroite entre les autorités locales, militaires et religieuses.
Pour les familles concernées, l’urgence demeure simple : ramener les enfants à la maison.
Justin Mupanya

