Le sol s’est affaissé, emportant des centaines de vies sous les déblais d’un site minier interdit d’exploitation. À Rubaya, dans le Nord-Kivu, l’éboulement d’une carrière de coltan exploitée clandestinement a fait au moins 200 morts parmi des creuseurs artisanaux, selon les autorités congolaises. Au-delà de la catastrophe humaine, Kinshasa dénonce un système de pillage organisé sous occupation armée et une filière d’exportation échappant à toute traçabilité. L’opposant Martin Fayulu, qui a exprimé sa compassion aux familles, appelle à une enquête internationale pour établir les responsabilités.
Un nouveau drame frappe Rubaya, localité minière du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Mercredi 28 janvier, un éboulement massif s’est produit sur le site de Luwowo, ensevelissant des centaines de creuseurs artisanaux. Le bilan provisoire communiqué par les autorités fait état « d’au moins 200 morts ».
Dans un communiqué, le gouvernement dit avoir appris la nouvelle « avec une profonde consternation », évoquant des victimes « contraintes à d’intenses travaux dans un environnement marqué par l’absence totale de normes de sécurité ». Le site était pourtant classé zone rouge et officiellement interdit d’exploitation.
Au-delà de l’accident, Kinshasa décrit un système plus large d’exploitation clandestine. Les autorités parlent d’« exploitation sauvage et illégale des ressources naturelles », opérée sous occupation armée, et dénoncent « un système structuré de pillage » alimentant une économie parallèle du coltan.
Fayulu réclame une enquête internationale
Réagissant au drame, l’opposant Martin Fayulu a exprimé sa « profonde compassion » aux familles endeuillées et appelé à une réponse internationale.
« À Rubaya, des vies sont fauchées à cause du pillage du coltan et de l’occupation illégale. Je m’incline devant la douleur des familles qui ont perdu leurs proches et leur adresse mes condoléances. Une enquête internationale est nécessaire. Rubaya doit être libérée », a-t-il déclaré sur le réseau social X.
Cette prise de position intervient alors que la question sécuritaire et la gestion des ressources minières restent au cœur des tensions politiques dans l’Est du pays.
Une filière clandestine du coltan
L’exploitation de la zone est assurée par des réseaux liés à la rébellion Alliance Fleuve Congo – M23 et à des circuits d’exportation illicites vers le Rwanda. Selon des chiffres officiels, entre 112 et 125 tonnes de coltan seraient extraites chaque mois dans ce périmètre, puis acheminées « en dehors de toute autorisation administrative et de toute traçabilité conforme ».
Kinshasa pointe également « une augmentation de plus de 200 % des exportations de coltan du Rwanda entre janvier et juin 2025 », jugée sans rapport avec ses réserves connues, y voyant des mécanismes de blanchiment de minerais congolais.
Sur place, la catastrophe ravive la colère des familles et l’inquiétude des populations dépendantes de l’exploitation artisanale pour survivre.
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