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3 février, 2026 - 23:34:41
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D’Abu Dhabi à Dubaï, puis à Washington : la séquence internationale accélérée de Tshisekedi

En moins d’une semaine, Félix Tshisekedi aura enchaîné trois capitales et trois scènes diplomatiques majeures : un accord économique stratégique à Abu Dhabi, une tribune mondiale sur la gouvernance au World Governments Summit de Dubaï, puis un rendez-vous politico-religieux de premier plan à Washington, D.C. Trois registres : économique, stratégique, symbolique, pour un même objectif : accroître la visibilité internationale de la RDC et multiplier les points d’entrée diplomatiques. À Dubaï, au cœur d’un sommet présenté comme le plus vaste depuis sa création, plus de 6 000 participants, des centaines de dirigeants et des dizaines d’experts débattent de l’intelligence artificielle, du climat et de la transformation des États. Pour Kinshasa, chaque déplacement devient un levier d’influence, avec l’ambition assumée de quitter la périphérie des débats mondiaux pour s’imposer comme un acteur à part entière des grandes décisions économiques et politiques.

À peine l’accord de partenariat économique paraphé dans la capitale fédérale émiratie, le chef de l’État congolais a enchaîné sans transition. En déplacement aux Émirats arabes unis, Félix Tshisekedi s’est rendu à Dubaï où il a effectivement pris part à la cérémonie d’ouverture du World Governments Summit, l’un des plus grands forums mondiaux consacrés à l’avenir des politiques publiques. Placée sous le thème « Façonner les gouvernements de demain », cette 12ᵉ édition est présentée par les organisateurs comme la plus importante depuis la création du sommet en 2013. Les chiffres donnent la mesure de l’événement : plus de 320 sessions, 24 forums thématiques, plus de 450 dirigeants politiques et décideurs publics, ainsi que des dizaines de scientifiques de haut niveau et lauréats de distinctions internationales invités à nourrir les débats. À cela s’ajoute une participation massive d’États et d’organisations : plus de 30 chefs d’État et de gouvernement, plus de 400 ministres, environ 80 organisations internationales et 140 délégations officielles. Au total, plus de 6 000 participants sont attendus sur trois jours, du 11 au 13 février, pour des discussions, ateliers interactifs et publications de rapports stratégiques.

L’intelligence artificielle, la santé publique, l’éducation, le climat, l’innovation technologique, la résilience des économies et la modernisation de l’action publique figurent au cœur des échanges. Le sommet se veut un laboratoire d’idées, où gouvernements, investisseurs et entreprises technologiques croisent leurs visions pour anticiper les mutations qui redessinent les États.

Une vitrine pour la RDC

Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse largement la simple présence protocolaire. Dans un contexte mondial marqué par la compétition pour les investissements, les chaînes d’approvisionnement stratégiques et la transition énergétique, la participation au forum de Dubaï s’inscrit dans une stratégie d’influence.

Les autorités congolaises entendent y promouvoir la RDC comme un « pays-solutions » : puits de carbone majeur grâce à la forêt du bassin du Congo, réservoir de minerais critiques pour les batteries et les technologies vertes, potentiel hydroélectrique considérable avec Inga, marché intérieur de plus de cent millions d’habitants. Autant d’arguments destinés à attirer capitaux, partenariats technologiques et financements multilatéraux.

La présence du président Tshisekedi au milieu de chefs d’État, de fonds d’investissement et de grandes entreprises numériques vise ainsi à positionner la RDC dans les cercles où se conçoivent les politiques publiques de demain. L’objectif est clair : transformer la diplomatie politique en diplomatie économique.

Cap sur les États-Unis

La tournée ne s’arrête toutefois pas au Golfe. Après Dubaï, le président congolais est annoncé aux États-Unis pour participer au National Prayer Breakfast, rencontre annuelle de prière organisée à Washington, D.C. et réunissant l’élite politique, économique et sociale américaine.

L’information a été confirmée mardi par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. « Le président de la République arrive dans quelques heures à Washington pour un court séjour », a-t-il déclaré.

Plus tôt, la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) précisait que « le Président de la République Félix Tshisekedi est invité officiellement à Washington (…) pour participer au National Prayer Breakfast, une rencontre annuelle à laquelle est conviée l’élite politique, économique et sociale ».

La chaîne publique ajoutait : « Avec l’avènement du Président de la République Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, la RDC occupe désormais une place de choix dans le concert des nations. » L’événement doit notamment réunir le président américain Donald Trump, son cabinet et des membres du Congrès.

Une diplomatie à haute cadence

En moins d’une semaine, la séquence est révélatrice : signature d’un accord économique à Abu Dhabi, participation à un forum mondial sur la gouvernance à Dubaï, puis présence à un rendez-vous politico-religieux de premier plan à Washington.

Trois scènes, trois registres : économique, stratégique et symbolique, mais un même fil conducteur : accroître la visibilité internationale de la RDC et multiplier les points d’entrée diplomatiques.

Cette cadence soutenue traduit une volonté d’inscrire Kinshasa dans les réseaux où se négocient investissements, partenariats technologiques et alliances politiques. Pour le pouvoir congolais, chaque déplacement devient ainsi un levier d’influence, avec l’ambition de faire passer le pays du statut d’observateur à celui d’acteur à part entière des grandes décisions mondiales.

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