Un pas prudent vers l’accalmie. Réunis à Doha, le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont posé les bases techniques d’un mécanisme de suivi du cessez-le-feu, ouvrant la voie à une surveillance plus structurée des engagements sur le terrain. La Mission des Nations unies en RDC voit dans ces avancées un signal encourageant pour la stabilisation de l’Est, tout en rappelant la fragilité du processus. Entre soutien logistique, coordination régionale et respect de la souveraineté congolaise, la MONUSCO réaffirme son rôle d’accompagnateur d’une paix encore à consolider.
La diplomatie avance à petits pas, mais elle avance. À Doha, les discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23 ont débouché sur des progrès concrets. Assez, du moins, pour susciter une réaction positive de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).
La mission onusienne a salué l’adoption de termes de référence destinés à rendre opérationnel un mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu. Un outil technique, mais crucial : sans contrôle, pas de trêve durable ; sans vérification, pas de confiance possible.
Ces avancées sont intervenues lors des pourparlers organisés à Doha, sous médiation qatarie, entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23. Elles constituent, selon la mission, une étape vers une désescalade dans l’Est de la République démocratique du Congo, théâtre récurrent d’affrontements armés et de déplacements massifs de civils.
Dans un communiqué publié mardi 3 février, la MONUSCO rappelle qu’en vertu de la résolution 2808 (2023) du Conseil de sécurité, elle dispose du mandat pour accompagner la mise en œuvre d’un cessez-le-feu durable. Cet appui se traduit par un soutien technique et logistique, notamment à travers la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et son Mécanisme conjoint de vérification élargi.
La mission insiste également sur la mobilisation internationale autour du processus : le Qatar, les États-Unis, l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est, la SADC et la CIRGL sont appelés à maintenir leur engagement.
« La MONUSCO demeure prête à soutenir un mécanisme fiable de suivi et de vérification du cessez-le-feu, dans le strict respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo », a déclaré Vivian Van de Perre, représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l’ONU et cheffe intérimaire de la mission.
Le message se veut mesuré. Pas de triomphalisme. Les textes doivent encore se traduire sur le terrain. La réduction des violences, la protection des civils et l’émergence d’une solution politique durable restent des objectifs fragiles.
Mais dans une région habituée aux cessez-le-feu sans lendemain, chaque avancée procédurale compte. À défaut d’une paix définitive, Doha esquisse au moins un cadre. Et parfois, c’est par ces mécanismes discrets que se construit la stabilité.
Justin Mupanya, Correspondant au Nord-Kivu

