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4 février, 2026 - 22:51:44
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Washington : Tshisekedi renforce l’axe économique RDC–USA avec Export-Import Bank of the United States

Une rencontre technique, mais décisive. En marge de sa visite officielle à Washington, Félix Tshisekedi a tenu une séance de travail avec les dirigeants de l’EXIM Bank, bras financier stratégique du gouvernement américain. Au cœur des discussions : minerais critiques, transformation locale, chaînes de valeur industrielles, corridor de Lobito et barrage d’Inga. Autrement dit, les leviers concrets de l’industrialisation congolaise. Dans un contexte de compétition mondiale pour les ressources stratégiques, Kinshasa ne veut plus seulement exporter son sous-sol : elle entend capter les investissements, structurer la logistique et négocier d’égal à égal. Plus qu’un entretien protocolaire, cette réunion marque une étape vers un partenariat économique assumé et orienté vers la souveraineté.

En posant le pied dans la capitale américaine, le président congolais ouvre une séquence diplomatique à forte portée politique et économique pour la République démocratique du Congo.

La visite officielle s’inscrit à la croisée de plusieurs urgences : paix régionale, sécurisation des minerais stratégiques, attractivité des capitaux étrangers. Dans un monde où les grandes puissances redessinent leurs chaînes d’approvisionnement et sécurisent leurs ressources critiques, Kinshasa veut s’imposer comme un partenaire incontournable plutôt qu’un simple fournisseur.

Accompagné de la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi, le chef de l’État multiplie les rencontres de haut niveau. Objectif : transformer le potentiel minier du pays en levier d’industrialisation et de développement.

Une séance de travail stratégique avec l’EXIM Bank

Le moment fort du séjour s’est tenu mercredi, lors d’une séance de travail avec John Jovanovic, président du conseil d’administration de l’EXIM Bank.

Autour de la table figuraient également Conor Coleman, responsable des investissements à la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), ainsi que George K. Kollitides II, conseiller principal auprès du secrétaire adjoint à la Guerre et directeur de l’Unité de guerre économique.

La composition de la délégation américaine dit beaucoup de la nature des échanges : finance, développement, sécurité économique. Le dossier congolais dépasse le cadre commercial. Il touche désormais aux intérêts stratégiques des États-Unis.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes structurants : la commercialisation des minerais critiques congolais, leur transformation locale, la création de chaînes de valeur industrielles, mais aussi les opportunités de stockage stratégique liées au programme américain Project Vault.

Autrement dit : extraire moins brut, transformer davantage sur place et sécuriser des débouchés à long terme.

Minerais critiques : d’exportateur à acteur industriel

Au cœur des discussions figurent le zinc, le cuivre, le germanium, le gallium et d’autres métaux stratégiques indispensables aux semi-conducteurs, à l’intelligence artificielle et aux technologies de défense.

Ces minerais, dont la RDC détient une part importante des réserves mondiales, sont devenus des actifs géopolitiques majeurs.

Kinshasa ne veut plus se contenter d’en être le fournisseur brut.

L’ambition affichée est claire : capter davantage de valeur localement.

La transformation sur place, la création d’emplois qualifiés, l’émergence d’industries de traitement et de raffinage figurent désormais parmi les priorités. Le soutien d’institutions financières américaines pourrait accélérer ces projets, en facilitant crédits, garanties et partenariats.

Corridor de Lobito et Inga : la logistique au centre du jeu

La réunion a également mis l’accent sur les grands projets d’infrastructures.

Le corridor de Lobito, qui relie les zones minières du sud de la RDC à la côte atlantique via l’Angola, constitue un axe logistique stratégique. Sa modernisation doit réduire les coûts de transport, fluidifier les exportations et attirer des investisseurs.

Même logique pour le barrage d’Inga, sur le fleuve Congo. Son potentiel énergétique est régulièrement présenté comme l’un des plus importants au monde. Sans énergie abondante et stable, pas d’industrialisation possible.

Ces infrastructures forment la colonne vertébrale du pari congolais : produire, transformer, exporter plus vite et à moindre coût.

Diplomatie sécuritaire et stabilité régionale

Au-delà de l’économie, la sécurité régionale demeure un pilier de la visite.

Kinshasa souhaite renforcer l’implication américaine dans les efforts de médiation et de stabilisation dans l’Est du pays, où persistent groupes armés et tensions transfrontalières.

Pour les autorités congolaises, la paix est une condition préalable au développement. Sans stabilité, pas d’investissements durables.

La diplomatie économique et la diplomatie sécuritaire avancent donc de pair.

Troisième dimension : la crédibilité.

En multipliant les rencontres institutionnelles et financières à Washington, la RDC cherche à rassurer les investisseurs sur sa trajectoire politique et économique.

L’objectif est simple : démontrer que le pays est un partenaire fiable, capable d’honorer ses engagements et de garantir un cadre stable aux capitaux étrangers.

Le chef de l’État participera également au National Prayer Breakfast, rendez-vous symbolique réunissant responsables politiques, diplomates et leaders religieux autour du thème de la réconciliation. Un moment protocolaire, mais aussi une vitrine diplomatique.

Au terme de la rencontre, Félix Tshisekedi a réaffirmé « l’ambition du pays de convertir ses ressources stratégiques en puissance de développement et de faire de ses partenariats internationaux des accélérateurs de souveraineté, de stabilité et de prospérité partagée ».

La formule résume la ligne congolaise : ne plus subir la mondialisation des ressources, mais y participer activement.

À Washington, le président congolais ne vient pas solliciter une aide. Il vient négocier des intérêts communs.

Dans une économie mondiale en recomposition, la RDC entend désormais peser. Et transformer son sous-sol en levier de puissance économique.

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