Le rendez-vous est devenu stratégique. À Le Cap, la République démocratique du Congo ne se contente plus d’exposer ses richesses minières : elle négocie, structure et revendique une place centrale dans la chaîne de valeur mondiale. Conduite par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, la délégation congolaise participe à la 32ᵉ édition de l’African Mining Indaba avec un message assumé : stabilité, transparence et partenariats durables. Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur du cuivre, Kinshasa veut transformer son potentiel géologique en investissements, en transformation locale et en emplois. L’objectif dépasse l’extraction : faire de la RDC un partenaire stratégique de la transition énergétique et de l’industrialisation africaine.
Cap sur Le Cap. Du 9 au 12 février, la République démocratique du Congo avance ses pions sur la scène minière mondiale. La délégation conduite par Louis Watum Kabamba participe à la 32ᵉ édition de l’African Mining Indaba, principal forum africain dédié à l’investissement et aux ressources stratégiques.
Cette présence de haut niveau traduit une ambition claire : attirer des capitaux, sécuriser des partenariats et repositionner le pays comme acteur clé de la transition énergétique.
Un poids lourd des minerais critiques
La RDC arrive avec des arguments décisifs. Elle détient entre 51 % et 70 % des réserves mondiales de cobalt et environ 10 % des ressources en cuivre, deux métaux essentiels aux batteries électriques, aux réseaux énergétiques et aux technologies vertes.
Premier producteur mondial de cobalt, le pays pèse directement sur l’approvisionnement industriel international. Le cuivre et le cobalt représentent respectivement près de 60 % et 20 % des recettes d’exportation.
Mais Kinshasa ne veut plus se limiter au rôle de fournisseur brut.
Message de stabilité et de fiabilité
Dès le 8 février, lors du symposium ministériel de l’Indaba, Louis Watum Kabamba a porté un message sans ambiguïté : la RDC se présente comme « un partenaire fiable et stratégique pour l’investissement minier ».
Devant ministres, industriels et partenaires internationaux, il a insisté sur « des projets concrets, transparents et mutuellement bénéfiques », citant notamment la coopération avec les États-Unis et d’autres partenaires majeurs.
Le ministre a rappelé les fondements d’un environnement attractif : « politiques cohérentes, bonne gouvernance, sécurité, transparence et renforcement des capacités institutionnelles ».
Selon lui, « les véritables alliés des investisseurs sont les lois, les règlements et l’administration du pays ».
Réformes et transformation locale
Au-delà des déclarations, le gouvernement met en avant les réformes engagées : sécurisation juridique des investissements, modernisation de l’administration minière, exigences environnementales accrues.
L’objectif est de capter davantage de valeur sur place. Plus de transformation locale. Plus d’emplois. Plus de technologies.
La RDC entend ainsi passer d’un modèle d’exportation brute à une véritable industrialisation minière.
Cette stratégie s’inscrit aussi dans une dynamique régionale. Le ministre a présenté le projet de fer de la Grande Orientale (MIFOR), appelé à compléter le corridor de Lobito. À terme, cette infrastructure reliera le nord-est de l’Afrique australe au port en eau profonde de Banana, connectant l’océan Indien à l’Atlantique et renforçant la compétitivité logistique du pays.
Un signal supplémentaire d’intégration économique et d’ouverture.
Un tournant stratégique
À l’heure où la demande mondiale pour les minerais critiques explose, l’Indaba se veut un accélérateur de transformation pour le continent. Son thème : « Plus forts ensemble : Progresser par le partenariat » reflète cette volonté collective.
Pour la RDC, l’enjeu est clair : ne plus subir le marché, mais peser sur ses règles.
De réservoir de ressources, Kinshasa veut devenir décideur.
De simple exportateur, un partenaire stratégique.
Au Cap, la bataille se joue autant sur les contrats que sur la crédibilité. La RDC, forte de ses atouts géologiques et de ses réformes, entend désormais parler d’égal à égal avec les investisseurs mondiaux.
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