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Kinshasa
7 avril, 2026 - 07:27:30
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Corridor de Lobito : Julien Paluku annonce le début des travaux côté congolais

Le projet quitte le stade des promesses. Tandis qu’une première cargaison de minerais congolais transite déjà par le corridor de Lobito vers l’Atlantique, les autorités de la République démocratique du Congo annoncent le démarrage des travaux sur leur portion ferroviaire. Invité de Radio France Internationale, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku assure que les blocages institutionnels sont levés et que les financements se structurent, avec l’appui annoncé de la Banque mondiale et de la Banque européenne d’investissement. Enjeu : relier durablement les zones minières du Katanga au port angolais de Lobito pour sécuriser les exportations et repositionner la RDC sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Cette fois, Kinshasa veut du concret. Alors qu’une première cargaison de minerais congolais a déjà emprunté le corridor de Lobito pour rejoindre la côte atlantique, le gouvernement affirme que les travaux ont bel et bien commencé sur la portion ferroviaire traversant le territoire congolais. Un signal attendu pour ce projet présenté comme stratégique pour l’économie minière nationale.

Invité de Radio France Internationale, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku s’est voulu rassurant.

« Déjà les premiers travaux ont commencé », a-t-il déclaré, évoquant son déplacement récent à Luanda pour faire avancer les discussions techniques et financières.

Le Corridor de Lobito constitue un axe ferroviaire et logistique clé. Il doit relier les bassins miniers de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito afin d’ouvrir une voie d’exportation plus directe vers l’Atlantique, réduisant la dépendance aux circuits saturés de l’océan Indien.

Un verrou institutionnel levé

Parmi les points sensibles figurait la gouvernance du projet. Les partenaires internationaux exprimaient des réserves sur l’implication de la société ferroviaire nationale congolaise, jugée fragilisée par ses passifs financiers. « La précision qui a été faite par la partie congolaise, c’est que la Société nationale des chemins de fer ne fera pas partie du véhicule financier qui va piloter la construction du chemin de fer, parce que la crainte des partenaires, c’était d’impliquer une société qui a suffisamment de problèmes et de passifs importants au regard de son passé », a expliqué le ministre.

Selon lui, cette clarification a permis de lever un frein majeur et d’accélérer la mobilisation des bailleurs.

Soutiens internationaux

Le corridor dépasse les seuls intérêts congolais. Il s’inscrit dans une compétition géoéconomique plus large. Les États-Unis y voient un levier de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques. L’Union européenne partage cette logique. « Même si le tronçon du côté angolais est terminé, il n’a pas d’importance si la partie congolaise n’est pas achevée. Le corridor de Lobito n’est viable que si la partie congolaise est aménagée », a insisté Julien Paluku.

Côté financement, des engagements ont été évoqués.

« La Banque mondiale a dit qu’elle va mettre 500 000 dollars américains pour ce tronçon et la Banque européenne d’investissement aussi, dans le cadre du fonds Global Gateway, s’est dite disposée à contribuer. Je crois que cette année 2026 va voir le corridor de Lobito bouger. »

Prolongements envisagés

Au-delà du tronçon principal, Kinshasa anticipe déjà une extension du réseau. Un projet additionnel de 530 kilomètres de voies ferrées doit relier Kolwezi à la frontière zambienne, afin de connecter directement les sites miniers du Lualaba aux circuits d’exportation.

Objectif affiché : fluidifier les flux, réduire les coûts logistiques et renforcer la compétitivité du cuivre et du cobalt congolais sur les marchés mondiaux.

Après des années d’annonces, le corridor de Lobito entre ainsi dans une phase opérationnelle. Reste à transformer les premières avancées en chantier durable. Car pour Kinshasa, l’enjeu est clair : sans rails, pas d’exportations ; sans exportations, pas de croissance.

Infos27

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