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7 avril, 2026 - 05:25:59
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Évacuation de Pakadjuma : Kinshasa secouée par des heurts

Quelques heures ont suffi pour faire vaciller l’ordre public. Mardi, dans la commune de Limete, la destruction d’habitations précaires à Pakadjuma pour libérer l’emprise ferroviaire a déclenché de violentes manifestations. Poste de police incendié, motos brûlées, pillages, train urbain bloqué : le centre de République démocratique du Congo a frôlé le chaos avant l’intervention des forces de sécurité. Les autorités défendent une opération légale sur un terrain de l’Office national des transports, indispensable à la reprise du trafic. Entre impératif d’aménagement urbain et colère sociale, la capitale se retrouve face à une tension récurrente : comment rétablir l’ordre sans creuser la fracture avec les plus vulnérables ?

La matinée a basculé en quelques heures.

À Kinshasa, la commune de Limete s’est réveillée sous tension mardi après des manifestations d’habitants du bidonville de Pakadjuma, opposés à leur déguerpissement le long de la voie ferrée. La contestation a rapidement dégénéré.

Un poste de police du quartier BAT a été attaqué puis incendié. Des motos ont été brûlées. Une société de production d’eau potable a été pillée. Le train urbain a été immobilisé. Des barricades ont paralysé plusieurs axes.

Sur place, les stigmates de la violence étaient visibles.

« Le sous-commissariat de la police situé sur le quartier BAT dans la commune de Limete a été attaqué puis incendié par des individus non identifiés. Plusieurs motos appartenant à des particuliers présents dans la zone ont été brûlées et une société de production d’eau potable pillée », selon un témoin cité par l’ACP.

Le train de l’Office national des transports, parti de Matete vers la Gare centrale, a été stoppé au niveau de Sokopao. Sur la route des Poids Lourds, à Kingabwa, la circulation a également été perturbée avant de reprendre après l’intervention de la police.

Contactée, la bourgmestre de Limete, Nathalie Aziza, a confirmé plusieurs incidents. « Plusieurs actes de violence ont été signalés, notamment des pillages et des incendies de biens de l’État. Des policiers ont été déployés pour maintenir la sécurité et prévenir tout débordement. Nous suivons la situation de près », a-t-elle assuré.

En fin de journée, les forces de l’ordre ont dispersé les manifestants. Le calme est progressivement revenu.

Une opération assumée par la ville

À l’origine de la colère : la démolition d’habitations jugées anarchiques sur l’emprise ferroviaire appartenant à l’Onatra. Les autorités provinciales défendent une mesure d’intérêt public.

Selon le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, ces constructions occupaient illégalement un terrain stratégique.

L’objectif, explique-t-il, est de « libérer la voie ferrée » afin de permettre la reprise effective du trafic du train urbain, longtemps perturbé par ces occupations.

L’opération ne s’arrêtera pas là. Elle doit s’étendre de Matete à Kintambo Magasin.

Tension sociale persistante

Mais pour les habitants concernés, le déguerpissement brutal a agi comme une étincelle. Dans ce quartier densément peuplé, beaucoup dénoncent une absence d’alternative ou de relogement.

La journée de mardi rappelle une réalité connue de la capitale congolaise : chaque opération d’assainissement urbain peut se transformer en crise sociale si elle n’est pas accompagnée de mesures d’accompagnement.

Si l’ordre a été rétabli, la fragilité demeure.

Entre nécessité d’aménager la ville et précarité de milliers de familles, Limete illustre une équation délicate. Maintenir l’autorité sans perdre la confiance. Réorganiser l’espace sans provoquer l’explosion. Mardi, Kinshasa est passée tout près du point de rupture.

Infos27

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