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Kinshasa
9 mars, 2026 - 07:24:51
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Accord BCC–BEAC : un tournant décisif pour l’intégration bancaire et monétaire sous-régionale

Kinshasa a, une fois de plus, endossé son rôle de carrefour financier de l’Afrique centrale. Au terme d’une séquence diplomatique et technique dense, marquée par la signature d’un protocole d’accord inédit entre la Banque centrale du Congo (BCC) et la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la capitale congolaise s’impose comme un acteur moteur de l’intégration monétaire sous-régionale. Cette avancée, conclue en marge des travaux du Comité sous-régional de l’Association des banques centrales africaines, ouvre la voie à une coopération renforcée en matière de régulation bancaire, de systèmes de paiement et de stabilité financière. Elle intervient dans un contexte où les gouverneurs des banques centrales d’Afrique centrale ont dressé un bilan contrasté des progrès accomplis vers la convergence économique, tout en appelant à accélérer les réformes face aux vulnérabilités persistantes. Précédées par deux jours d’analyses d’experts consacrées à l’harmonisation des politiques monétaires, ces assises confirment une ambition claire : bâtir une architecture financière régionale plus cohérente, capable de soutenir la transformation économique et de réduire la dépendance aux chocs extérieurs.

La Banque centrale du Congo (BCC) et la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) ont franchi un cap décisif en signant, samedi 28 février 2026 à Kinshasa, un protocole d’accord de coopération d’envergure. Paraphé en marge des travaux du Comité sous-régional Afrique centrale de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), ce texte consacre une volonté commune d’intensifier l’intégration financière dans la sous-région.

L’accord couvre un spectre stratégique : échange d’informations et d’expertises, modernisation des systèmes de paiement, coopération statistique et recherche, régulation bancaire, cybersécurité, lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, inclusion financière, formation des cadres. À travers ce partenariat, les deux institutions entendent consolider la stabilité monétaire, renforcer la résilience des économies et soutenir le financement du développement.

Cette initiative marque une étape structurante vers une convergence plus poussée des cadres financiers en Afrique centrale, dans un contexte mondial où la coordination monétaire devient un impératif de souveraineté économique.

Les gouverneurs saluent des avancées, malgré des fragilités

Deux jours plus tôt, le 27 février, Kinshasa accueillait la réunion des gouverneurs des banques centrales d’Afrique centrale, sous l’égide de la BCC. Cette rencontre de haut niveau a permis d’évaluer l’état d’avancement du Programme de coopération monétaire et le degré de convergence macroéconomique des États de la sous-région.

Les discussions ont porté sur la coordination des politiques monétaires, la surveillance financière régionale et l’harmonisation des cadres prudentiels. Les participants ont reconnu des progrès notables, notamment en matière de discipline macroéconomique, tout en soulignant la persistance de vulnérabilités structurelles : dépendance aux matières premières, diversification insuffisante des économies et déficit d’infrastructures.

Le gouverneur de la BCC, André Wameso, a insisté sur le rôle déterminant de l’intégration monétaire pour stimuler l’investissement régional, réduire les coûts de transaction et amortir les chocs extérieurs, plaidant pour une coopération accrue afin de transformer ces avancées en croissance durable.

Deux jours d’expertise pour harmoniser l’avenir monétaire

La réunion des gouverneurs avait été précédée par deux jours de travaux techniques réunissant les experts des banques centrales de la sous-région. Ces séances ont été consacrées à l’évaluation de la mise en œuvre des décisions issues de la 47ᵉ réunion ordinaire du Conseil des gouverneurs, à l’examen du Programme de coopération monétaire en Afrique centrale et à l’état d’avancement de l’harmonisation du cadre de politique monétaire.

Les délégations ont procédé à une analyse rigoureuse des critères de convergence, notamment la maîtrise de l’inflation, la soutenabilité budgétaire et la stabilité du secteur bancaire. Elles ont également souligné l’importance d’aligner progressivement les instruments de politique monétaire et les mécanismes de supervision financière.

Ces travaux ont mis en évidence un constat partagé : l’intégration monétaire demeure un levier essentiel pour renforcer la souveraineté financière de l’Afrique centrale.

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