Un geste à forte portée politique et sécuritaire. À Kinshasa, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a procédé à la remise en liberté de quatorze combattants du groupe armé Twiraneho qui s’étaient rendus volontairement à l’armée congolaise lors des affrontements autour d’Uvira, au Sud-Kivu. Après vérification de leur situation judiciaire, aucune charge individuelle n’a été retenue contre eux à ce stade. Devant les représentants de la communauté Banyamulenge de Kinshasa, les autorités ont présenté cette décision comme un signal d’encouragement adressé aux membres des groupes armés encore actifs dans l’Est du pays afin qu’ils abandonnent la violence et rejoignent le processus de désarmement et de réintégration.
Le gouvernement congolais a posé un geste présenté comme un signal d’ouverture envers les combattants encore engagés dans les groupes armés dans l’Est du pays. Jeudi 5 mars à Kinshasa, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a procédé à la remise en liberté de quatorze combattants du groupe Twiraneho, affiliés à l’AFC/M23, qui s’étaient rendus volontairement aux forces armées congolaises lors des combats pour le contrôle de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en décembre dernier.
La cérémonie s’est déroulée en présence des représentants de la communauté Banyamulenge vivant à Kinshasa, des responsables de la justice militaire ainsi que des représentants du Programme de désarmement, démobilisation et réinsertion communautaire et stabilisation (P-DDR-CS).
Selon la cellule de communication du ministère de la Justice, cette décision est intervenue à l’issue d’un processus de vérification destiné à établir la responsabilité individuelle des personnes concernées.
« Les vérifications nécessaires ont été effectuées afin d’établir si les personnes concernées étaient individuellement impliquées dans des faits susceptibles d’engager leur responsabilité pénale, conformément aux principes de l’État de droit. Aucune charge individuelle n’a été retenue à leur encontre à ce stade », a indiqué le ministère.
La remise en liberté de ces ex-combattants a été saluée par les représentants de la communauté Banyamulenge de la capitale, qui ont encouragé le chef de l’État pour ses efforts visant à apaiser les tensions communautaires. Selon eux, cette initiative s’inscrit dans la lutte contre les discours de haine tribale et dans la promotion de la cohésion nationale.
D’après le ministère de la Justice, cette démarche traduit également la volonté du président Félix Antoine Tshisekedi d’encourager les membres des groupes armés encore actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo à déposer les armes et à rejoindre le processus de désarmement.
« Cette cérémonie traduit la volonté du chef de l’État d’encourager tous les Congolais encore engagés dans les groupes armés à abandonner la violence et à rejoindre le camp de la République », a précisé la cellule de communication du garde des Sceaux.
Un groupe armé impliqué dans les conflits du Sud-Kivu
Le groupe Twirwaneho est une milice armée opérant principalement dans la province du Sud-Kivu. Créé à la fin des années 2000, il se présente comme une force d’autodéfense de la communauté Banyamulenge.
Dirigé par Michel Rukunda, alias Makanika, ce mouvement est toutefois régulièrement accusé de violations des droits humains, notamment de recrutement d’enfants soldats. Il est également considéré comme un allié du Mouvement du 23 mars (M23) et de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) dans les dynamiques conflictuelles qui secouent les provinces du Kivu.
La remise en liberté des quatorze combattants intervient dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’Est de la RDC, marqué par la persistance de groupes armés et par les efforts des autorités congolaises pour promouvoir les mécanismes de désarmement et de réintégration.
Pour Kinshasa, l’objectif affiché reste de favoriser le retour à la paix par l’intégration progressive des anciens combattants dans la société, tout en poursuivant les procédures judiciaires contre les auteurs de violations graves du droit international humanitaire.
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