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9 mars, 2026 - 03:43:07
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Lualaba : une jeune femme brûlée vive après des accusations de vol d’organe génital

La soirée du jeudi 5 mars a pris un tournant tragique à Kisankala, dans le territoire de Mutshatsha au Lualaba. Une jeune femme, accusée de vol d’organe génital après un contact physique avec un jeune homme, a été brutalement tuée par la foule en colère. Cet acte de violence s’inscrit dans un climat tendu, où des rumeurs de disparitions mystérieuses d’organes génitaux masculins circulent, alimentées par les réseaux sociaux, provoquant des lynchages injustifiés.

La localité de Kisankala, située dans le territoire de Mutshatsha au Lualaba, a été le théâtre d’un drame d’une violence inouïe dans la soirée du jeudi 5 mars. Une jeune femme, accusée d’avoir mystérieusement volé l’organe génital d’un jeune homme après un contact physique, a été brûlée vive, selon un communiqué de la société civile Eben-Ezer.

Les faits se sont produits aux alentours de 19 heures, lorsque plusieurs jeunes ont envahi les rues de la ville, scandant des chants incitant à la violence contre ceux accusés à tort de provoquer la disparition ou la rétraction des organes génitaux. Si un homme présumé coupable a été sauvé de justesse par la police, la jeune fille en question n’a pas eu la même chance et a été livrée à la fureur de la foule.

La disparition des organes génitaux : un mythe ou une réalité ?

Depuis plusieurs jours, des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux et dans la société concernant une prétendue disparition mystérieuse des organes génitaux masculins. À Kalemie, Fungurume et Kolwezi, plusieurs habitants affirment avoir perdu leurs organes après un contact physique avec un inconnu. Des photos envoyées à Infos27.cd montrent certaines victimes avec des organes génitaux apparemment rétrécis. Un témoin de la société civile de Kalemie a rapporté qu’un homme aurait vu son appareil génital disparaître avant de se rendre dans une église pour une « réparation spirituelle ».

Ces allégations ont alimenté une colère populaire croissante. Les présumés responsables de ce phénomène sont souvent frappés, brûlés vifs ou humiliés publiquement. Face à cette situation, les autorités locales ont dû intervenir.

Le ministre provincial de l’Intérieur du Lualaba, Roy Kaumba, a appelé la population à faire preuve de retenue et à coopérer avec les forces de sécurité plutôt que de se faire justice elle-même, rappelant que « toute personne bénéficie de la présomption d’innocence » jusqu’à ce que les faits soient validés par la justice.

De son côté, la police a fermement démenti ces rumeurs, précisant que les victimes présumées n’ont en réalité subi aucune disparition de leurs organes génitaux. Cette mise au point met en lumière la rapide propagation de fausses informations, souvent alimentée par des partages sur les réseaux sociaux, qui conduisent à des actes de lynchage.

Malgré les démentis et les mises en garde des autorités, ces rumeurs continuent de se propager, générant une peur panique et une psychose dans la population locale, bien qu’aucun cas n’ait été confirmé jusqu’à présent.

Patient Mubiayi, correspondant à Lubumbashi

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