Le projet de construction de la route Tshikapa-Kamako, crucial pour le développement de la province du Kasaï, accuse un retard considérable. Le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa a alerté le ministère des Infrastructures sur l’avancement insuffisant des travaux, deux ans après le lancement du chantier, et demande une mobilisation accrue pour respecter les délais contractuels.
Le gouvernement provincial du Kasaï a attiré l’attention du ministère national des Infrastructures et Travaux publics sur les importantes retards du projet de construction de la route Tshikapa–Kamako, un chantier piloté par l’entreprise TOHA Investment SARL.
Dans une lettre adressée au ministre des Infrastructures, datée du 8 mars, le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa dénonce la lente progression du projet, près de deux ans après son lancement officiel.
Ce projet d’envergure consiste en la construction d’une route en béton bitumineux reliant les villes de Tshikapa, Kandjaji et Kamako, avec une bretelle vers Kamonia sur environ 15 kilomètres. Il comprend également la mise en place de trois postes de péage et de pesage, ainsi que des infrastructures sociales et urbaines : 10 kilomètres de voiries urbaines (5 km à Tshikapa et 5 km à Kamako), un port sec et un poste frontalier à Kamako.
Cependant, malgré l’importance des composantes du projet, les autorités provinciales pointent une avancée jugée insuffisante sur le terrain. Le gouverneur indique que le chantier a de nouveau été suspendu entre octobre 2025 et janvier 2026, et depuis la reprise des travaux en janvier, seules des opérations d’entretien et de terrassement isolées ont été menées, bien loin des objectifs du contrat initial.
Des avancées limitées malgré la relance des travaux
Concernant le premier lot, qui couvre la section Tshikapa–Shakhuaji–Kamonia sur près de 70 kilomètres, le taux d’exécution physique n’atteint que 18,63 %, selon les autorités. Les terrassements déjà réalisés se détériorent progressivement à cause des longues interruptions du chantier.
D’autres étapes majeures, comme la mise en place des fondations de la chaussée, l’assainissement, la pose du bitume et la construction des postes de péage, n’ont toujours pas débuté.
Les obstacles au bon déroulement du projet
Le rapport du gouvernement provincial souligne plusieurs obstacles ralentissant le projet, notamment les interruptions répétées des travaux, l’absence d’un calendrier d’exécution précis, une mobilisation insuffisante en matériel et personnel, ainsi qu’un manque de matériaux sur place. En outre, l’arrêt prolongé du concasseur, des tensions sociales autour du projet, et des conditions climatiques difficiles avec des pluies fréquentes, ont compliqué davantage la situation.
Des difficultés de collaboration entre les différents acteurs impliqués dans l’exécution du projet sont également signalées.
Face à ces défis, les autorités du Kasaï soulignent que le projet accumule des problèmes techniques, financiers et organisationnels, entraînant des retards importants dans sa réalisation. Si les travaux continuent à ce rythme, la route pourrait ne pas être achevée dans les délais initialement fixés.
Pour relancer le chantier, le gouvernement provincial appelle à un renforcement des moyens techniques, à une régularisation des financements, et au respect des engagements par toutes les parties prenantes.
En conclusion, le gouverneur rappelle qu’une grande partie des travaux réalisés jusqu’à ce jour se limite aux phases préparatoires et aux terrassements. La reprise des travaux en janvier 2026 reste insuffisante pour espérer une finalisation du projet dans les délais prévus.
Stony Mulumba

