Face à la multiplication des fuites et à la circulation incontrôlée de documents officiels sur les réseaux sociaux, le gouvernement congolais affiche sa volonté de reprendre la main sur la gestion de l’information publique. Lors du dernier Conseil des ministres, le ministre d’Etat en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a présenté un projet structurant visant à instaurer un système national de classification des documents de l’État. Objectif : encadrer leur diffusion, renforcer la sécurité administrative et responsabiliser les agents publics dans un contexte marqué par la montée des usages numériques et les enjeux de souveraineté informationnelle.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo envisage de renforcer le contrôle et la sécurisation des documents officiels de l’État, à travers l’instauration d’un régime national de classification, a indiqué le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 13 mars 2026 à la Cité de l’Union africaine, sous la présidence du Chef de l’État Félix Tshisekedi.
Présentant une note d’information sur cette question stratégique, le ministre de la Justice a attiré l’attention du Conseil sur l’urgence d’organiser la gestion des documents officiels, dans un contexte marqué par la recrudescence des fuites et la diffusion non maîtrisée de contenus administratifs sensibles.
« L’objectif est de faire face au risque croissant de divulgations non autorisées des correspondances administratives, des notes techniques et des documents stratégiques relevant de l’action gouvernementale, dans un contexte marqué par l’évolution des pratiques administratives et l’usage généralisé des outils numériques », a-t-il précisé, selon le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement.
Au cœur de cette réforme figure la mise en place d’un système structuré reposant sur quatre niveaux de classification, à savoir : « hautement confidentiel ou très secret d’État, confidentiel ou secret d’État, classifié ou diffusion restreinte, et non classifié ». Ce dispositif vise à mieux identifier le degré de sensibilité des documents et à encadrer leur circulation au sein de l’administration publique.
Pour le Garde des Sceaux, ce mécanisme permettra de renforcer la traçabilité des documents, tout en instaurant une responsabilité accrue des agents publics dans la gestion de l’information. « La mise en œuvre de ces dispositifs suppose également la prise en compte de certaines mesures administratives et techniques destinées à garantir la sécurité des documents officiels », a-t-il souligné.
Parmi les mesures envisagées figurent notamment la limitation de l’accès aux seuls agents habilités, le suivi des transmissions documentaires, le renforcement des procédures d’archivage ainsi que l’interdiction de partager des documents sensibles via des messageries privées ou des plateformes numériques non sécurisées.
Cette initiative intervient dans un contexte préoccupant où de nombreux documents officiels se retrouvent régulièrement diffusés sur les réseaux sociaux, exposant l’État à des risques de désinformation, de manipulation et de déstabilisation. Les autorités entendent ainsi endiguer ces pratiques en s’appuyant notamment sur le cadre légal existant, incluant le code du numérique et les dispositions relatives à la répression des infractions telles que la diffusion de faux documents, la diffamation ou encore la violation du secret professionnel.
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