Face aux répercussions économiques des tensions au Moyen-Orient, le gouvernement congolais enclenche une riposte anticipative. Réuni autour de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, l’exécutif a décidé d’activer des mesures dérogatoires pour contenir l’impact sur les prix des produits pétroliers et préserver le pouvoir d’achat. Suspension temporaire de certains mécanismes de régulation, allègement fiscal ciblé et sécurisation des circuits d’approvisionnement : Kinshasa mise sur un équilibre délicat entre intervention publique et flexibilité du marché. Une stratégie dictée par l’urgence, dans un contexte de fortes perturbations des flux énergétiques mondiaux.
Anticiper le choc pour éviter la crise. Face aux tensions persistantes au Moyen-Orient et à leurs répercussions sur les marchés énergétiques mondiaux, le gouvernement congolais a décidé d’agir en amont. Sous l’impulsion de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, des mesures dérogatoires ont été instruites afin de limiter l’impact de cette conjoncture internationale sur l’économie nationale et, surtout, sur le pouvoir d’achat des ménages.
Au cœur de cette riposte : la suspension, pour une durée de 45 jours, du principe de plafonnement du différentiel de transport. Cette disposition, habituellement utilisée pour encadrer les coûts logistiques et stabiliser les prix à la pompe, est exceptionnellement levée. La cheffe du gouvernement a ainsi demandé au Vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, à la ministre d’État en charge des Hydrocarbures et au ministre des Finances de prendre « toutes les dispositions d’usage » pour mettre en œuvre cette décision.
Mais cette flexibilité accordée au marché s’accompagne d’un encadrement strict. Soucieuse d’éviter toute dérive inflationniste, Judith Suminwa a également instruit la suspension de certaines redevances et la réduction des taxes perçues aux frontières. Un mécanisme qui vise à compenser la hausse potentielle des coûts d’importation, tout en maintenant une pression modérée sur les prix finaux.
Ces mesures, à caractère temporaire, poursuivent plusieurs objectifs clairement définis : maîtriser le choc exogène lié à la crise au Moyen-Orient, alléger les charges sur les produits pétroliers, sécuriser les circuits d’approvisionnement et mieux encadrer les coûts de fret et d’assurance dans la détermination du prix moyen frontière. En toile de fond, une priorité : garantir un approvisionnement régulier du pays en carburants à des coûts jugés soutenables.
Cette stratégie s’inscrit dans la droite ligne des orientations fixées par le président de la République. Lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le 13 mars, Félix Antoine Tshisekedi avait appelé à une vigilance accrue face à une conjoncture internationale instable. « Même si notre économie demeure globalement résiliente, cette conjoncture exige vigilance, cohésion et réactivité », avait-il déclaré, insistant sur la ضرورة d’une réponse coordonnée pour « préserver la stabilité macroéconomique et protéger le pouvoir d’achat de nos concitoyens ».
Le contexte international renforce l’urgence de ces décisions. Le blocage du détroit d’Ormuz et du canal de Suez, par lesquels transitent respectivement 20 % et 10 % de la production mondiale d’hydrocarbures, perturbe profondément les chaînes d’approvisionnement. L’Afrique, fortement dépendante des importations de produits pétroliers, subit de plein fouet ces tensions.
À Kinshasa, les autorités se veulent toutefois rassurantes. Selon les services compétents, les stocks actuels permettent de couvrir les besoins du pays jusqu’au mois de juin. Par ailleurs, plusieurs cargaisons sont attendues dans les semaines à venir, notamment via les corridors d’approvisionnement en provenance du Kenya vers l’Est et de la Tanzanie vers le Sud.
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