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19 avril, 2026 - 03:46:43
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Kinshasa engage une riposte sanitaire contre la prolifération des boissons frelatées

Le gouvernement provincial hausse le ton face à un phénomène devenu préoccupant. À Kinshasa, la prolifération des boissons frelatées, largement consommées par une frange de la jeunesse, alerte désormais les autorités, qui annoncent une série de mesures destinées à encadrer, voire interdire, leur production et leur commercialisation.

Une réunion stratégique a réuni, mardi 24 mars, trois membres de l’exécutif provincial : le ministre de la Santé, Patricien Gongo, celui de la Jeunesse, Bob Amisso, et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Fiston Lukwebo. Au centre des échanges : la mise en place d’un dispositif coordonné pour endiguer la circulation de ces produits jugés nocifs pour la santé publique.

Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre, le ministre de la Santé a insisté sur l’urgence d’agir. « L’interdiction de la fabrication et de la commercialisation de la boisson frelatée à Kinshasa a été au cœur de la séance de travail réunissant les ministres de la Santé, de la Jeunesse et du Commerce », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Patricien Gongo, Bob Amisso et Fiston Lukwebo souhaitent sauver la jeunesse kinoise et congolaise, en particulier celle qui consomme ces boissons dangereuses pour la santé. »

L’initiative, selon plusieurs sources, trouve son origine dans un plaidoyer porté par le ministre de la Jeunesse, préoccupé par l’ampleur du phénomène dans les milieux urbains. Elle s’inscrit dans une approche à la fois préventive et coercitive, combinant encadrement réglementaire et actions de terrain.

À cet effet, une commission tripartite a été mise en place pour élaborer un projet d’arrêté qui sera soumis au gouverneur de la ville, Daniel Bumba. Ce texte devrait consacrer l’interdiction formelle de la production et de la commercialisation des boissons frelatées, mais également encadrer certains produits assimilés, notamment des aphrodisiaques vendus sans contrôle et dont les effets sur la santé sont régulièrement dénoncés.

Au-delà du cadre juridique, les autorités entendent passer à l’action. Des opérations de contrôle et de traque des producteurs et distributeurs sont annoncées, avec pour objectif de démanteler les circuits informels qui alimentent ce marché parallèle. En parallèle, des campagnes de sensibilisation seront menées, en particulier auprès des jeunes, afin de les informer des risques liés à la consommation de ces substances.

« L’avenir d’un pays repose sur sa jeunesse », a rappelé Patricien Gongo, soulignant que la réponse des pouvoirs publics ne saurait se limiter à la répression. Prévention, éducation et responsabilisation constituent, selon lui, les piliers d’une stratégie appelée à s’inscrire dans la durée.

Dans une ville confrontée à de multiples défis sanitaires, cette initiative traduit une volonté des autorités provinciales de reprendre le contrôle sur un secteur échappant en grande partie à toute régulation. Reste à savoir si les mesures annoncées parviendront à enrayer un phénomène profondément enraciné dans les pratiques urbaines et alimenté par des circuits économiques informels difficiles à contenir.

Jegou-Michel Mpiutu 

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