La réponse se veut visible, rapide et coordonnée. À Kinshasa comme à Lubumbashi, les autorités congolaises ont procédé à l’interpellation de 125 présumés délinquants, dans le cadre d’opérations ciblées destinées à endiguer la criminalité urbaine. Une séquence sécuritaire assumée, présentée comme un signal de fermeté dans deux des principales métropoles du pays.
Ces interventions ont été détaillées lors du Conseil des ministres tenu le 27 mars 2026 à Bandundu. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à restaurer l’autorité de l’État dans des zones marquées par l’activisme de groupes criminels, notamment les Kuluna dans la capitale.
À Kinshasa, une opération de bouclage menée le 24 mars dans les quartiers Boban, Nduzuanbombo et K15, dans la commune de Masina, a conduit à l’arrestation de 66 personnes. Selon le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, ces individus sont soupçonnés d’appartenir à des réseaux de délinquance urbaine violente.
À Lubumbashi, dans le sud-est du pays, une opération baptisée « Ndobo » a été conduite dans le quartier cité d’Egem, dans la commune de Kampemba. Mobilisant la police nationale, les forces armées et plusieurs services de sécurité, elle a permis l’interpellation de 59 personnes, dont deux femmes. Une action coordonnée qui illustre, selon les autorités, la montée en puissance des dispositifs de sécurité dans les grandes agglomérations.
Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a insisté sur la portée nationale de ces opérations. « Ces opérations se poursuivent dans plusieurs régions du pays pour éradiquer la criminalité à l’échelle nationale », a-t-il déclaré, soulignant la volonté du gouvernement d’inscrire cette dynamique dans la durée.
Au-delà des interventions de terrain, Kinshasa entend également renforcer ses capacités sécuritaires par la coopération internationale. Le gouvernement a ainsi annoncé la conclusion d’un accord avec la République de Turquie, visant à moderniser les moyens techniques et opérationnels des forces de sécurité, tout en intensifiant la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale.
Selon Patrick Muyaya, cet accord, une fois ratifié, permettra au président Félix Tshisekedi de le promulguer, ouvrant la voie à un renforcement concret des capacités logistiques et stratégiques.
À travers cette double approche : opérations ciblées sur le terrain et partenariats internationaux, les autorités congolaises entendent reprendre l’initiative face à une criminalité urbaine persistante. Reste désormais à inscrire ces actions dans la durée, condition essentielle pour restaurer durablement la sécurité dans les grandes villes du pays.
Jegou-Michel Mpiutu

