Ni amnistie générale, ni justice mise entre parenthèses. À Bandundu-ville, le gouvernement congolais clarifie sa ligne face à la reddition des miliciens Mobondo : désarmer, réinsérer, mais aussi juger, au cas par cas. Devant la presse, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a insisté sur l’indépendance de la justice dans ce processus de pacification, tout en saluant des avancées jugées « positives ». Sur le terrain, les chiffres confirment cette dynamique, avec des centaines de combattants déjà rendus et un arsenal récupéré.
Le processus de reddition des miliciens Mobondo engagé dans l’ouest de la République démocratique du Congo s’inscrit dans une stratégie globale de pacification qui n’écarte pas les poursuites judiciaires. À Bandundu-ville, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, a tenu à lever toute ambiguïté : la justice restera pleinement saisie, au cas par cas, en fonction des responsabilités individuelles.
Intervenant mardi dernier lors d’un briefing presse dans cette ville du Kwilu, le patron de la sécurité intérieure a répondu à une préoccupation centrale : celle de la place de la justice dans un processus articulé autour du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion (DDR). « Il n’a été, en aucun moment, question de s’asseoir sur la justice », a-t-il affirmé, réitérant le principe d’indépendance du pouvoir judiciaire.
Dans le détail, le gouvernement adopte une approche graduée. La reddition volontaire des combattants ouvre la voie à leur prise en charge dans le cadre du DDR, incluant également des mécanismes de requalification sociale. Toutefois, cette dynamique n’efface pas les actes posés durant les violences. « Après, au cas par cas, selon le statut, le passé ou les actes commis par les uns et les autres, la justice, si elle est saisie ou s’il y a nécessité d’une décision de justice, reste la justice, un pouvoir indépendant », a insisté Jacquemain Shabani.
Sur le terrain, les autorités se montrent optimistes quant à l’évolution du processus. Le Vice-Premier ministre évoque un « dossier qui évolue positivement », s’appuyant notamment sur les rapports transmis au gouvernement par le ministre délégué aux Anciens combattants, en charge du suivi quotidien de ce programme. Cette évaluation s’inscrit dans un contexte marqué par la multiplication des redditions dans les zones affectées par l’activisme des miliciens Mobondo.
Les données communiquées par les forces armées confirment cette tendance. Selon le rapport présenté au Vice-Premier ministre de la Défense au niveau de la onzième région militaire, au moins 692 combattants Mobondo se sont rendus aux FARDC. Cette dynamique s’accompagne d’une récupération significative d’armes et de munitions.
Le porte-parole de la onzième région militaire, le capitaine Antony Mualushayi, détaille le bilan matériel : 92 armes de calibre 12, 75 fusils de type AK-47, trois mitrailleuses PKM et trois mortiers de 60 mm ont été remis aux forces loyalistes, en plus d’un volume important de munitions de guerre. Une saisie qui témoigne à la fois de l’ampleur de l’arsenal détenu par les miliciens et de l’impact des opérations de désarmement en cours.
Au-delà des chiffres, les autorités mettent en avant une logique combinant fermeté et réintégration. L’objectif affiché est double : restaurer l’autorité de l’État dans les zones affectées et offrir une alternative aux combattants ayant choisi de déposer les armes. Cette stratégie vise également à prévenir la reconstitution de groupes armés, en intégrant les ex-miliciens dans un cadre socio-économique structuré.
Dans ce contexte, la question de la justice apparaît comme un élément d’équilibre. En maintenant la possibilité de poursuites, le gouvernement entend éviter toute perception d’impunité, tout en encourageant les redditions volontaires. Une ligne de crête délicate, entre impératif de paix et exigence de responsabilité.
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