Une alerte sanitaire aux implications lourdes replace la question environnementale au cœur de l’action publique. Réuni à Bandundu-ville, le Conseil des ministres a été saisi d’un risque d’irradiation signalé sur un site minier de Kolwezi. Face à cette menace potentielle pour les populations et les écosystèmes, le président Félix Tshisekedi a exigé une réaction immédiate, ordonnant la mise en place d’une commission ad hoc. Entre rappel des précédents incidents et volonté de renforcer la régulation du secteur extractif, l’exécutif affiche une ligne de fermeté pour prévenir toute dérive et préserver la crédibilité minière du pays.
Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a placé la question des risques environnementaux et sanitaires liés à l’exploitation minière au centre de la quatre-vingt-quatrième réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le vendredi 27 mars 2026 à Bandundu-Ville, chef-lieu de la province du Kwilu. Une communication marquée par une alerte jugée préoccupante concernant des risques d’irradiation et de contamination radioactive sur un site minier de Kolwezi, dans la province du Lualaba.
Selon le compte-rendu présenté par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le Chef de l’État a été informé « d’une alerte sanitaire urgente » relative à des risques radiologiques signalés sur le site de la société KCC. Une situation qui, si elle venait à se confirmer, pourrait entraîner des conséquences graves tant pour la santé des populations que pour l’environnement.
Le Président de la République a détaillé les impacts potentiels d’un tel incident : exposition des travailleurs et des riverains à des radiations dangereuses, apparition de maladies graves à moyen et long terme, contamination durable des sols et des ressources en eau, ainsi que des perturbations profondes de la chaîne alimentaire. À ces risques sanitaires et écologiques s’ajoutent des conséquences socio-économiques non négligeables, notamment des déplacements de populations et une atteinte à la crédibilité du secteur minier congolais.
« Une telle situation, si elle devait se confirmer ou se prolonger, pourrait entraîner des conséquences graves pour la santé des populations et pour l’environnement », a averti Félix Tshisekedi, insistant sur la nécessité d’une vigilance accrue et d’une réaction coordonnée des autorités compétentes.
Ce rappel intervient dans un contexte marqué par un précédent récent. Le Chef de l’État a évoqué la pollution survenue en 2025 dans le quartier Kasapa, à Lubumbashi, attribuée aux activités de la société Congo Dongfang Mining (CDM). Cet épisode avait provoqué une contamination des eaux et des sols, ainsi que des dégâts significatifs sur la faune et la flore, affectant durablement les conditions de vie des populations locales.
À la suite de cet incident, le Président avait déjà appelé, lors de la 67ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue en novembre 2025, au strict respect des normes environnementales par l’ensemble des exploitants miniers et industriels opérant en République démocratique du Congo. Il avait également instruit les ministres sectoriels concernés de renforcer les mécanismes de contrôle et de coordination des services techniques.
Face à la nouvelle alerte signalée à Kolwezi, l’exécutif entend accélérer la riposte. Félix Tshisekedi a ainsi invité la Première ministre à mettre en place, « en urgence », une commission ad hoc chargée de suivre ce dossier. Cette structure devra appuyer la mise en œuvre de mesures sanitaires, environnementales, techniques et scientifiques destinées à contenir les risques identifiés et à prévenir toute récidive.
Le Chef de l’État a également recommandé, « s’il échet », le recours à des expertises spécialisées afin de garantir une prise en charge rigoureuse et crédible de la situation. Une orientation qui traduit la volonté des autorités de s’appuyer sur des données fiables et des compétences avérées pour traiter un dossier à forte sensibilité.
Tout en saluant les premières initiatives prises par la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, le Président de la République a insisté sur l’impératif de coordination interinstitutionnelle. L’objectif est de garantir une réponse cohérente et efficace face à un risque qui dépasse le seul cadre local.
Infos27

