Un peuple en marche, une victoire arrachée, une capitale en fusion. À Kinshasa, l’accueil triomphal réservé aux Léopards, qualifiés pour la Coupe du monde 2026, a pris des allures de moment historique. Portée par une ferveur populaire exceptionnelle, la sélection nationale a été célébrée comme le symbole d’une fierté retrouvée, bien au-delà de l’exploit sportif scellé à la 100ᵉ minute par Axel Tuanzebe. Dans les rues comme au sommet de l’État, cette qualification incarne un rare instant d’unité, révélateur d’un pays capable, malgré ses défis, de se rassembler autour d’un même élan.
Kinshasa n’a pas simplement accueilli une équipe. Elle a salué une nation qui se retrouve. Des milliers de Kinois massés le long du trajet entre l’aéroport et le centre-ville. Des chants. Des danses. Une ferveur rare. Une communion presque instinctive. Les Léopards, qualifiés pour la Coupe du monde 2026, ont été portés par une marée humaine, dans un élan qui dépasse le sport.
Le fait est là. Une victoire arrachée au bout de l’effort. Un but à la 100ᵉ minute. Une délivrance. Axel Tuanzebe inscrit son nom. Et avec lui, toute une génération. La RDC retourne sur la scène mondiale. Elle y revient avec détermination. Avec dignité.
Mais l’essentiel est ailleurs.
Ce qui s’est joué à Kinshasa dépasse le score. Ce qui s’est vu dans les rues dit quelque chose de plus profond. Une population debout. Un peuple rassemblé. Une capitale en mouvement, unie derrière un même symbole.
Dans un pays souvent traversé par les doutes, les fractures et les tensions, cette séquence vaut signal. Elle montre que le lien national existe. Qu’il peut se réactiver. Qu’il peut s’exprimer avec force. Le football, ici, agit comme un langage commun. Un espace de projection collective. Un miroir de ce que le pays peut être lorsqu’il avance ensemble.
Il faut le dire clairement : cette qualification est aussi le fruit d’un engagement. Celui des joueurs, évidemment. Mais aussi celui des autorités. Le soutien affiché du chef de l’État, présent aux côtés de la sélection, n’est pas anodin. Il inscrit cette dynamique dans une volonté politique. Celle de redonner au sport, et au football en particulier, une place stratégique dans le récit national.
Pitshou Mulumba

