Mettre fin aux zones d’ombre et rétablir la chaîne des responsabilités. À l’Assemblée nationale, le ministre des Finances Doudou Fwamba a clarifié le financement des infrastructures routières à Kinshasa, affirmant que tous les projets sont pris en charge par le gouvernement central, au moment où la dégradation de la voirie alimente critiques et incompréhensions. Dans la foulée, il a présenté une réforme visant à encadrer plus strictement les projets publics, notamment ceux financés par des partenaires internationaux. Au cœur du dispositif : tolérance zéro contre la mauvaise gestion, avec des sanctions lourdes pour restaurer la confiance.
Le débat sur l’état des routes à Kinshasa a pris un tournant plus précis, mercredi 8 avril, à l’Assemblée nationale. Devant les députés, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a apporté une clarification nette : « aucun kilomètre de route à Kinshasa n’a été financé par le gouvernement provincial ».
Selon le ministre, l’ensemble des projets routiers réalisés dans la capitale congolaise relève exclusivement du gouvernement central. Une déclaration qui intervient dans un contexte de critiques persistantes sur la dégradation de la voirie urbaine et les lenteurs observées dans la réhabilitation de plusieurs axes stratégiques.
Par cette mise au point, l’exécutif central entend préciser les responsabilités dans la conduite des projets d’infrastructures, alors que l’opinion publique tend souvent à attribuer indistinctement les défaillances aux différentes strates de gouvernance.
Mais cette clarification ouvre, en creux, une autre interrogation majeure : quel est, dès lors, le rôle du gouvernement provincial ? Si le financement est assuré par le pouvoir central, la gestion quotidienne des infrastructures, l’entretien des routes existantes ainsi que le suivi de l’exécution des travaux relèvent, en principe, des compétences locales.
Tolérance zéro contre la mauvaise gestion des projets publics
Au-delà de la question des routes, Doudou Fwamba a également présenté une réforme structurelle visant à améliorer la gestion des projets publics, en particulier ceux financés par des partenaires internationaux. L’objectif affiché est de renforcer la transparence, de rationaliser les mécanismes de suivi et de restaurer la crédibilité de l’État auprès des bailleurs.
Le ministre a annoncé la mise en place imminente d’un cadre plus strict pour encadrer les unités de coordination des projets. « Un nouveau dispositif sera instauré pour garantir une gestion rigoureuse et conforme aux exigences de bonne gouvernance », a-t-il indiqué.
La mesure la plus marquante concerne les sanctions prévues en cas de mauvaise gestion. « Toute personne reconnue coupable de détournement ou de mauvaise gestion des fonds publics sera définitivement exclue du secteur public », a prévenu Doudou Fwamba. Une disposition qui vise clairement à instaurer un principe de tolérance zéro face aux dérives souvent dénoncées dans l’exécution des projets.
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre la corruption et de sécurisation des financements extérieurs, dans un contexte où la RDC cherche à mobiliser davantage de ressources pour soutenir ses ambitions en matière d’infrastructures.
Reste que, sur le terrain, les attentes des habitants de Kinshasa demeurent fortes. Entre routes dégradées, embouteillages chroniques et difficultés de mobilité, la question de l’efficacité de l’action publique reste posée avec acuité.
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