L’héritage de l’espace s’invite à Kinshasa. À l’Université de Kinshasa, l’ambassadeur Karl Tikhaze a commémoré le 65ᵉ anniversaire du vol de Youri Gagarine, premier homme dans l’espace. Au-delà du symbole, Moscou a défendu une ligne claire : refus de la militarisation de l’espace et promotion d’une coopération scientifique élargie avec la République démocratique du Congo. Universitaires congolais et diplomates russes ont, de concert, esquissé les contours d’un partenariat académique renforcé, tourné vers la formation, la recherche et les technologies spatiales.
La commémoration du 65ᵉ anniversaire du premier vol spatial habité a pris, lundi 13 avril, une dimension à la fois scientifique et diplomatique à l’Université de Kinshasa. L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie en République démocratique du Congo, Karl Tikhaze, y a célébré l’exploit de Youri Gagarine, tout en réaffirmant l’engagement de son pays en faveur d’un espace pacifique et d’une coopération internationale accrue.
Dans son allocution, le diplomate a rappelé la portée historique du vol du 12 avril 1961, lorsque Gagarine, à bord de la capsule « Vostok-1 », devint le premier homme à voyager dans l’espace. « Le 12 avril 1961, l’agence de presse TASS a annoncé au monde entier la mise en orbite de Youri Gagarine », a-t-il souligné, évoquant un événement qui « a ouvert la voie à l’exploration spatiale » et inspiré des générations entières.
Mais au-delà de la célébration, le discours s’est voulu résolument politique. « La Russie se prononce officiellement en faveur de l’utilisation pacifique de l’espace et soutient les traités internationaux interdisant le déploiement d’armes de destruction massive en orbite », a déclaré Karl Tikhaze, appelant « l’ensemble de la communauté internationale à respecter ces principes ». Moscou affirme ainsi poursuivre des initiatives visant à prévenir toute militarisation de l’espace et à en faire « un bien commun pour tous les peuples ».
L’ambassadeur a également insisté sur la continuité de l’expertise russe dans le domaine spatial. Selon lui, « l’URSS, puis la Russie, ont toujours été des leaders dans les vols habités », une tradition que le pays entend prolonger à travers des partenariats scientifiques, notamment avec la RDC. Il a exprimé la volonté de renforcer la coopération dans l’étude de l’univers, la recherche et le développement technologique.
Cette perspective a trouvé un écho au sein du corps académique. Le doyen de la Faculté des Sciences et Technologies, Modeste Kisangala, a mis en lumière l’impact scientifique du voyage de Gagarine. Il a rappelé que cette mission avait permis de valider le vol humain dans l’espace, tout en ouvrant des avancées en médecine spatiale, en ingénierie et en technologie. « Ce voyage a marqué le début de l’exploration humaine de l’espace », a-t-il insisté.
Dans cette dynamique, il a plaidé pour des partenariats avec des institutions russes de référence, telles que l’Université technique d’État Bauman de Moscou et l’Université nationale de recherche de Samara, afin de faciliter l’accès des étudiants congolais à des bourses et à des formations spécialisées. Il a également évoqué les besoins en équipements de laboratoire pour développer des programmes en physique spatiale, aéronomie, géomagnétisme et physique de l’atmosphère.
Le recteur de l’UNIKIN, Jean-Marie Kayembe Ntumba, a pour sa part élargi le champ de cette coopération. Il a estimé que ce partenariat devait dépasser le cadre scientifique strict pour intégrer d’autres disciplines, notamment les langues, la médecine et l’anthropologie, dans une logique d’échanges inter-disciplinaires.
La cérémonie s’est achevée par un moment de recueillement et de mémoire. Des gerbes de fleurs ont été déposées au pied du buste de Gagarine, installé sur le campus, en présence des autorités académiques et diplomatiques. Une exposition photographique retraçant le premier vol spatial est venue prolonger cet hommage.
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